Une «grande victoire» ? La résolution sur le programme nucléaire d’Israël rejetée par l’AIEA

Le complexe nucléaire israélien de Dimone Source: Reuters
Le complexe nucléaire israélien de Dimone

Une résolution appelant à l’inspection des installations nucléaires israéliennes n’a pas passé la rampe lors de la conférence générale de l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Tel Aviv a salué une «grande victoire» diplomatique.

Lors de sa 59ème conférence générale qui s’est déroulée jeudi à Vienne, l'AIEA a rejeté avec 61 voix contre 43 et 33 abstentions, la résolution proposée par l’Egypte et soutenu par la Turquie, la Syrie, l’Iran, la Libye et l’Irak, de même que la Russie, la Chine et l’Afrique du Sud sur l’envoi d’une mission de surveillance de l’Agence sur le complexe nucléaire israélien de Dimona.

C’est là que l’Etat hébreu aurait produit de la matière fissile pour fabriquer les éventuelles armes nucléaires dont il dispose et qui constituent «une menace permanente pour la paix et la sécurité de la région», selon le terme de la résolution proposée et soutenue, majoritairement, par des pays arabes.

Les vieux alliés d’Israël tels que les Etats-Unis, certains membres de l’UE, l’Australie, la Corée du Sud et le Canada ont voté contre ces inspections nucléaires. Tel Aviv et les Etats pro-israéliens ont mené une intense campagne de lobbying pour faire pencher l’opinion des membres de l’AIEA en faveur d’Israël avant le vote sur la résolution.

«J’ai parlé en personne avec plus de 30 présidents, Premiers ministres et ministres des Affaires étrangères», a avoué le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. «Lors de ces conversations, j’ai expliqué qu’il n’y avait aucune place en ce moment pour de telles discussions, alors que le vrai problème dans le Moyen-Orient reste les tentatives de l’Iran d’obtenir des armes nucléaires et l’affirmation de son intention de détruire l’Etat d’Israël», a-t-il estimé.

Depuis la finalisation de l’accord entre l’Iran et le groupe des 5+1 sur une plus grande transparence de son programme nucléaire, cette résolution était la première tentative de contraindre Israël à en faire autant même si des propositions similaires sont soumises au vote chaque année sans avoir jamais été acceptées.

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Le vote de jeudi a été salué par les autorités israéliennes comme une «grande victoire pour Israël sur la scène internationale». Il est vrai que cette année le non a été légèrement plus importants que l’année dernière où le non était moins favorable à Israël. 58 contre, 45 pour et 27 abstentions.

Israël, qui n’a officiellement pas de capacités nucléaires, reste le seul pays du Moyen-Orient qui n’a pas signé le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, une position qui a été l’objet de critiques des Etats arabes.

«Le régime israélien continue d’avancer et de développer son programme nucléaire contrairement à toutes les normes internationales», a estimé le représentant de l’Iran auprès de l’AIEA justifiant la résolution. L’Iran et d’autres pays sont «concernés quant aux conséquences négatives» que pourrait avoir sur la région le programme nucléaire de Tel Aviv, a-t-il ajouté.

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Le représentant de la Syrie a, quant à lui, souligné lors du vote que la communauté internationale devait réclamer de l’Etat hébreu qu’il «démantèle la totalité de son arsenal nucléaire».

D’après des informations non-confirmées mais généralement acceptées, Israël posséderait des dizaines de têtes nucléaires, dont des ogives thermonucléaires d’une puissance de quelques mégatonnes. Cependant, Tel Aviv n’a jamais confirmé ni démenti officiellement ces affirmations.

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