Comment la Chine fait-elle face à l’épidémie de coronavirus ?

Comment la Chine fait-elle face à l’épidémie de coronavirus ?© STR Source: AFP
Les membres du personnel vérifient la température corporelle des passagers après l'arrivée d'un train en provenance de Wuhan à la gare de Hangzhou, dans la province orientale du Zhejiang en Chine, le 23 janvier.

Le territoire chinois est le théâtre d'une épidémie d'un coronavirus de la famille du Sras qui a contaminé 570 personnes et fait 17 morts. En conséquence, les autorités chinoises mettent en place des mesures drastiques, à deux jours du Nouvel An.

Wuhan, métropole de 11 millions d’habitants située au cœur de la Chine, a été entièrement confinée par les autorités locales à compter du 23 janvier afin d’endiguer au maximum la propagation de l’épidémie d’un nouveau coronavirus de la famille du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), qui a contaminé plus de 570 personnes et fait 17 morts depuis décembre dernier.

Ainsi, depuis 10h (2h GMT), plus aucun train, avion ou autocar ne peut, en principe, quitter la ville qui est au cœur de l’épidémie, toutes les personnes décédées des suites d’une contamination par le virus y ayant été référencées, ou dans sa région.

Huanggang, ville chinoise de 7,5 millions d’habitants située à 70 km à l’est de Wuhan, devrait également être placée en quarantaine dès le 23 janvier dans le but d’enrayer l’épidémie du coronavirus. La circulation des trains sera interrompue en fin de journée jusqu'à nouvel ordre, a annoncé la mairie de Huanggang.

De son côté, la ville de Pékin a décrété l'annulation des festivités du Nouvel An, qui drainent habituellement des centaines de milliers d'individus, notamment dans les parcs, pour assister aux traditionnelles danses du lion et du dragon.

De plus, la Cité interdite fermera ses portes à compter du 25 janvier et jusqu'à nouvel ordre «afin d'éviter des contaminations liées au rassemblement de visiteurs», a annoncé le 23 janvier le musée dans un communiqué.

Wuhan, au cœur de l'épidémie, placée en quarantaine

«Les habitants ne doivent pas quitter Wuhan sans raison spécifique», a annoncé le Quartier général chargé de la lutte contre l'épidémie au niveau municipal. Cette résolution a été prise dans le but «d’enrayer efficacement la propagation du virus», a-t-il ensuite justifié, alors que la Chine s’apprête à célébrer, le 25 janvier, le Nouvel An qui occasionne chaque année des centaines de millions de voyages, dans ce qui constitue la plus grande migration humaine au monde.

Plusieurs mesures exceptionnelles ont donc été déployées à Wuhan. Des policiers ont été placés aux sorties des autoroutes de la ville pour prendre la température corporelle des habitants, selon une source reprise par l’AFP. Des files d’attentes se sont par ailleurs formées devant certaines stations-service, tandis que beaucoup d’autres étaient à court de carburant, d’après l’AFP. Le maire a en outre imposé, par arrêté municipal, le port du masque respiratoire aux habitants et personnes se trouvant à Wuhan. Enfin, les transports en commun de la métropole ne circulent plus, les stations de métro sont fermées et les festivités du Nouvel An ont été annulées.

Pourtant, début janvier, au cours de la réunion annuelle des autorités de Wuhan, le gouvernement local tenait à «montrer une atmosphère de stabilité et de calme dans la région», a rapporté Dali Yang, professeur de sciences politiques à l’Université de Chicago, à l’AFP. Ainsi, souhaitant éviter toute panique sociale dans la ville, la mairie de Wuhan pourrait avoir entravé une réponse plus rapide au virus, poursuit-il. La municipalité a même été la cible de nombreux reproches pour avoir organisé, le 18 janvier, un banquet auquel étaient conviées quelque 40 000 familles.

Scruté de toutes parts, Pékin appelle à enrayer «résolument» l'épidémie

En 2002-2003, la Chine avait fait face à une épidémie du Sras ayant fait 774 morts dans le monde, dont 349 en Chine continentale et 299 à Hong Kong, avec plus de 5 329 autres cas, selon l’AFP. Pékin avait alors été vivement critiqué et accusé, notamment par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), d’avoir trop tardé à donner l’alerte et tenté de camoufler l’ampleur de la situation. Les autorités chinoises avaient alors mis plusieurs mois avant de signaler l’épidémie, allant même jusqu’à empêcher initialement l’accès d’experts de l’OMS à la province méridionale du Guangdong, où elle était apparue.

C'est une attitude extrêmement différente par rapport à 2003 même si des questions persistent sur le nombre exact de cas et la possibilité d'une sous-estimation

Alors que plusieurs cas ont été décelés dans d’autres villes chinoises, mais également à l’international (Hong Kong, Taïwan, Corée du Sud, Thaïlande, Japon et Etats-Unis), Pékin est conscient que ses actions seront scrutées et comparées à celles prises au début des années 2000.

Ainsi, le président chinois Xi Jinping a donné le signal de la mobilisation, le 20 janvier, en appelant à enrayer «résolument» l'épidémie, qui jusque-là ne faisait pas les grands titres des journaux, d’après l’AFP. A Pékin comme à Shanghai, le port du masque était de mise dans les lieux publics, comme le métro.

Le directeur de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a publiquement reconnu les mesures «très, très fortes» mises en place par les autorités chinoises, estimant qu’elles allaient «diminuer» les risques de propagation hors des frontières chinoises. Le comité d’urgence n’a toutefois encore réussi à décider si le nouveau virus constituait une «urgence de santé publique de portée internationale».

«Les autorités chinoises expriment la volonté de collaborer de façon plus transparente et plus rapide que pour l'épidémie de Sras», explique à l'AFP Antoine Flahault, directeur de l'Institut de santé global à l'Université de Genève. Et de poursuivre : «C'est une attitude extrêmement différente par rapport à 2003, même si des questions persistent sur le nombre exact de cas et la possibilité d'une sous-estimation».

En effet, le nombre de cas rapportés par la Chine diffère des estimations de chercheurs étrangers. Les scientifiques de l'Imperial College de Londres ont estimé le 22 janvier à 4 000 le nombre de personnes contaminées, bien plus que les quelque 500 cas officiellement déclarés.

Par ailleurs, des contrôles de température corporelle se sont généralisés dans plusieurs aéroports d'Asie, du pourtour du Pacifique ainsi qu'au Royaume-Uni, au Nigeria et en Italie, d'après l'AFP.

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