Daesh : après une année de combat, le groupe terroriste est toujours à l’offensive

Alaa Al-Marjani Source: Reuters
Alaa Al-Marjani

Il y a une année Barack Obama avait promis de détruire Daesh et lancé une importante opération. Les Etats-Unis et leurs alliés ont mené 6 700 frappes aériennes qui ont coûté environ 3,5 milliards d’euros. Mais Daesh est loin d’être anéanti.

Le 10 septembre 2014, le président américain a annoncé une «stratégie globale et durable de lutte contre le terrorisme» afin de «dégrader et détruire» Daesh. Lors de son discours, Barack Obama avait aussi mis en évidence une stratégie à quatre volets : grâce aux «frappes aériennes systématiques», les Etats-Unis «augmenteraient leur soutien aux forces luttant contre les terroristes au sol» tout en renforçant les capacités antiterroristes afin d’empêcher les attaques de l’EI dans le monde et afin de «fournir une assistance humanitaire aux civils innocents».

Dès avant ces déclarations d’août 2014, les avions de combat et drones américains avaient commencé à bombarder les positions du groupe terroriste après que deux journalistes américains ont été pris en otage.

En octobre 2014, cette opération a reçu le nom de code «Résolution inhérente». Depuis, les Etats-Unis et leurs alliés ont effectué 53 278 sorties «pour soutenir l’opération» en Irak et en Syrie. Ils ont procédé à 6 700 frappes aériennes, selon les informations officielles révélées par le Pentagone. Selon ces estimations, 10 000 cibles ont été détruites et plus de 8 500 terroristes ont été tués.

Mais le prix de cette campagne a lui aussi pris l’ascenseur : 8,8 millions d’euros par jour.

Malgré ces chiffres impressionnants, cette importante campagne militaire relayée par les médias occidentaux, les extrémistes continuent d’étendre leur influence et de s’emparer de nouveaux territoires au Moyen-Orient. Si les forces de la coalition soutenue par les Etats-Unis ont réussi à arracher la ville irakienne de Tikrit aux terroristes en avril 2015, les combattants de Daesh se sont de leur côté emparés de la ville de Ramadi, mettant Bagdad à portée de tir.

Carte de Daesh© RT France
Carte de Daesh

L’engagement des Etats-Unis à soutenir les forces qui luttent contre Daesh s’est enlisé dans des préoccupations politiques et des rivalités politiques à Washington en raison de l’obstination américaine de procéder à un changement de régime en Syrie. De plus, après la chute de Ramadi, les Etats-Unis ont envoyé 450 instructeurs et conseillers supplémentaires en Irak pour y entraîner les forces gouvernementales, de même que les milices kurdes et tribales. Une démarche critiquée tant par l’opposition américaine que par l’opposition irakienne.

Fin 2014, le Congrès avait approuvé un programme d’un montant de 446 millions d’euros pour armer et entraîner des «rebelles modérés» (hostiles à Bachar el-Assad sans être des terroristes) dans des camps turcs, jordaniens, saoudiens et qataris afin qu’ils soient plus efficaces dans leur combat contre l’EI. D’après les prévisions initiales, au moins 5 000 combattants devaient être prêts vers la fin de l’année mais pour l’heure, ils sont moins de 200 soldats à avoir achevé leur formation.

En savoir plus : Les Etats-Unis cherchent à reprendre la formation échouée des rebelles syriens luttant contre Daesh

Mais lorsque le premier groupe de 54 combattants a été envoyé combattre Daesh, il s’est fait disperser par le front al-Nosra, sans même avoir vu l’ombre de Daesh. A partir de ce moment, les chefs rebelles ont refusé d’envoyer leurs hommes au combat sans la garantie qu’ils puissent bénéficier de la protection des forces américaines.

Ces opérations de lutte contre Daesh provoquent cependant d’importantes pertes civiles. Plus de 3 000 personnes, dont plus de 70 enfants, sont décédés en Syrie rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’homme, basé à Londres.

En savoir plus : Les raids aériens des USA contre Daesh auraient tué plus de civils que Washington n’admet

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