Avec près de 13 000 migrants pour une capacité de 3 000, le camp grec de Moria suffoque

Avec près de 13 000 migrants pour une capacité de 3 000, le camp grec de Moria suffoque© GIORGOS MOUTAFIS Source: Reuters
reportage
Des migrants de Moria, à Lesbos, manifestent contre leurs conditions de vie.

Depuis un mois, les migrants sont de plus en plus nombreux à rejoindre l'île grecque de Lesbos. Le camp de Moria, le plus important du territoire, accueille près de 13 000 personnes alors qu'il a été conçu pour en recevoir 3 000. Reportage.

Le camp de «Moria est comme un cimetière», «Moria c'est l'enfer» - les migrants de l'île grecque de Lesbos pèsent leurs mots. Après un incendie meurtrier du 29 septembre ayant coûté la vie à une réfugiée et fait 17 blessés, un millier de migrants, en majorité des femmes et enfants, ont manifesté leur colère pour dénoncer leurs conditions à l'intérieur du centre d'hébergement surpeuplé.

Dans ce camp surpeuplé, où ils s'entassent dans des conteneurs de frêt ou sous des tentes de fortune, ces exilés réclament de meilleures conditions de vie et leur départ immédiat de l'île. 

Depuis la multiplication des arrivées ces dernières semaines sur les îles égéennes depuis la Turquie, Moria suffoque avec près de 13 000 migrants pour une capacité de 3000. En trois mois, près de 10 000 personnes sont arrivées à Lesbos, depuis les côtes turques voisines, selon le ministre adjoint à la protection civile Lefteris Oikonomou.

La semaine dernière une délégation de l'ONG Oxfam France effectuait une visite sur le champ d'oliviers encombré de tentes et de cabanes de fortune, qui jouxte le camp de Moria. «C’est pire que ce que j’imaginais», a déclaré Cécile Duflot, directrice générale d'Oxfam France. «Les conditions sont pires que ce qu’on peut imaginer dans des pays plus en difficulté encore que la Grèce. Nous sommes en Grèce, un pays de l’Union européenne. Plus de 40% de ceux qui vivent ici sont des enfants. Et ils grandissent dans ces conditions dramatiques», a-t-elle dit à un correspondant de l'AFP. «Nous devons faire en sorte que la situation change. Il faut une prise de conscience de la responsabilité que l’on fait peser sur la Grèce et sur les îles. Nous ne pouvons pas nous satisfaire de ces camps de fait de rétention», a-t-elle ajouté. 

Lors d'un conseil des ministres d'urgence du 30 septembre, le gouvernement grec a annoncé sa volonté de renvoyer 10 000 migrants en Turquie d'ici fin 2020, contre un peu plus de 1 800 en quatre ans et demi, sous le précédent gouvernement de gauche. De tels retours sont rendus possibles par l'accord UE-Turquie conclu en mars 2016. 

Le gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis a promis également de continuer à évacuer les cinq îles de la mer Egée, proches des côtes turques - Lesbos, Kos, Leros, Chios et Samos - où s'entassent actuellement plus de 26 200 migrants pour 6 300 places.

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