Macron veut une répartition automatique des migrants en UE sous peine de «pénalités financières»

Macron veut une répartition automatique des migrants en UE sous peine de «pénalités financières»© Remo Casilli Source: Reuters
Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre italien Giuseppe Conte à Rome, en Italie, le 18 septembre 2019.

Emmanuel Macron et Giuseppe Conte ont plaidé pour la mise en place d'un «mécanisme automatique» de répartition des migrants dans l'UE. Une annonce qui contraste avec celle du président, quelques jours plus tôt, de durcir le ton sur l'immigration.

Le président français Emmanuel Macron et le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte se sont dit d'accord le 18 septembre pour un «mécanisme automatique» de répartition des migrants, auxquels tous les pays de l'Union européenne devraient participer «d'une façon ou d'une autre», sous peine de «pénalités financières».

Après deux ans de dissensions sur ce sujet brûlant, Paris et Rome ont tenu à afficher l'unité en assurant qu'ils défendront au sein de l'UE «une position commune pour que tous les pays participent d'une façon ou d'une autre» à l'accueil «ou bien soient pénalisés financièrement», a expliqué Emmanuel Macron, en déplacement à Rome pour une brève visite.

Une annonce qui a fait réagir eu égard à la dernière déclaration du chef de l'Etat le 16 septembre sur ce sujet, appelant sa majorité et son gouvernement à la fermeté sur le détournement du droit d'asile pour éviter d'être «un parti bourgeois» qui ignore l'opinion de classes populaires séduites par «l'extrême droite».

Cette annonce de mise en place d'une répartition automatique des migrants en Europe n'a donc pas manqué de faire grincer des dents.

Le maire de Béziers Robert Ménard, connu pour ses positions anti-immigration, a estimé que «les peuples européens ne compt[aient] plus» pour les dirigeants.

Le député Les Républicains et candidat à la président du parti Guillaume Larrivé s'est élevé contre le fait qu'à travers cette proposition de répartition automatique «l’UE impose aux Etats-Nations des quotas de migrants». Il reproche au président de vouloir que l’UE «punisse financièrement les États qui refuseraient cette immigration supplémentaire».

Le trésorier du Rassemblement national (RN) Wallerand de Saint-Just a lui aussi fustigé l'accord et dénoncer un président «menteur» qui veut «organiser en Europe la répartition forcée des clandestins».

Les deux dirigeants européens ont réclamé une gestion «plus efficace» du renvoi dans leur pays d'origine des migrants qui n'ont pas droit à l'asile. Le Premier ministre italien a souligné que l'Italie ne «laisserait pas les trafiquants décider des entrées sur le territoire», mais aussi jugé qu'il fallait «gérer ce phénomène». L'ex-ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, patron de La Ligue, refusait pour sa part tout débarquement de migrants.

Regrettant de son côté «l'injustice» vécue par les Italiens, Emmanuel Macron a répété que l'UE n'avait pas été suffisamment solidaire envers l'Italie. «La France est prête à évoluer sur ce point dans le cadre de la remise à plat des accords de Dublin», qui confient actuellement aux pays d'arrivée la charge du traitement des demandes d'asile, a-t-il dit. «Je ne mésestime pas ce que le peuple italien a vécu», a expliqué Emmanuel Macron, mais «la réponse au sujet migratoire n'est pas dans le repli mais dans une solution de coopération européenne efficace».

Plusieurs ministres de l'Intérieur de l'UE, dont les ministres français, allemand et italien, doivent se réunir le 23 septembre à Malte pour discuter de ce dossier.

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