En Israël, les travailleuses philippines interdites d'enfants, sous peine d'expulsion

En Israël, les travailleuses philippines interdites d'enfants, sous peine d'expulsion© Gil Cohen-Magen Source: AFP
Des enfants philippins et leurs mères manifestent contre l'expulsion d'enfants philippins nés en Israël, à Tel-Aviv le 6 août 2019.

En Israël, des milliers de Philippines sont interdites d'avoir des enfants, sous peine d’expulsion. Une mère et son fils viennent d'être expulsés vers Manille. A l'origine : une clause signée à l'arrivée de ces travailleuses dans l'Etat hébreu.

Rosemarie Perez, travailleuse philippine à Tel-Aviv et son fils Rohan viennent d’être expulsés vers Manille. Agé de 13 ans, Rohan est né en Israël, il y a grandi et parle l'hébreu et l'anglais. Avant son expulsion le 13 août, il n'avait jamais mis les pieds aux Philippines, pays d’origine de sa mère – et ne parle pas le tagalog, rapporte notamment l'AFP.

Les manifestations en soutien aux travailleurs étrangers et à leurs enfants qui se sont tenues ces dernières semaines n'ont pas empêché cette expulsion. 600 familles originaires des Philippines, dont plusieurs comptant des enfants nés en Israël, sont également concernées.

«Rosemarie était en Israël depuis de nombreuses années, dont 12 illégalement», a fait savoir l’autorité de l’immigration israélienne dans un communiqué. Aide à domicile, Rosemarie Perez était arrivée en Israël en 2002 pour s’occuper d’une vieille dame, a précisé à l’AFP Beth Franco, une responsable de l’ONG United Children of Israel (UCI). Rosemarie s'est retrouvée clandestine après la naissance de Rohan, car son visa, comme celui de milliers de travailleurs asiatiques en Israël, est conditionné au fait de ne pas faire d'enfants, sauf dérogations exceptionnelles.

En cause, une particularité des visas accordés par Israël à ces travailleurs asiatiques : ils n'ont pas le droit de fonder une famille dans le pays. Les femmes philippines «signent un contrat selon lequel elles n’ont pas droit d’avoir un enfant en Israël», explique Beth Franco à RFI. «Si c’est le cas, elles doivent l’envoyer dans leur pays, sinon elles perdent leur visa. Elles deviennent illégales automatiquement», explique-t-elle.

Citée par RFI, Beth Franco fait part de son indignation : «Mais que pouvez-vous attendre de jeunes femmes qui arrivent ici pour travailler ? Elles sont jeunes, elles sortent, elles tombent amoureuses… Avant de faire venir des gens en Israël, il fallait penser à l’avenir. Maintenant, les autorités essaient d’expulser ces femmes et leurs enfants et en même temps elles font venir de nouveaux travailleurs tous les jours.»

Les questions relatives aux migrants et à l’immigration font souvent polémique en Israël, soucieux de conserver une population à majorité juive.

Lire aussi : Israël va réinstaller une partie de ses migrants africains dans des pays occidentaux

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