Invoquant une menace de l'Iran, Washington déploie 1 000 soldats supplémentaires au Moyen-Orient

Invoquant une menace de l'Iran, Washington déploie 1 000 soldats supplémentaires au Moyen-Orient© US Navy / Mass Communication Specialist Seaman Michael Singley / Reuters
Navires de l'armée américaine en mer d'Arabie, mai 2019.

Washington annonce encore renforcer sa présence militaire aux portes de l'Iran, prenant pour prétexte une escalade de tensions dans la région. Des doutes ont pourtant été émis sur les dernières accusations de Washington à l'encontre de Téhéran.

Le secrétaire américain à la Défense Patrick Shanahan, cité par Reuters, a annoncé ce 17 juin le prochain déploiement d'environ un millier de soldats supplémentaires au Moyen-Orient.

«Les récentes attaques iraniennes confirment les renseignements fiables et plausibles que nous avons reçus sur le comportement hostile des forces iraniennes et de leurs groupes alliés qui menacent le personnel et les intérêts des Etats-Unis dans la région», a justifié le responsable dans un communiqué. Il a ajouté que l'armée américaine souhaitait faire face «aux menaces aérienne, navale et terrestre au Moyen-Orient».

Patrick Shanahan faisait référence à de récentes attaques ciblant des pétroliers dans la région du Golfe, dont Washington accuse Téhéran d'être responsable. L'Iran, de son côté, dément toute implication dans ces attaques.

«Nous appelons toutes les parties à la retenue. Nous préférerions ne pas voir de mesures susceptibles de provoquer une montée des tensions dans cette région déjà instable», a réagi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, le 18 juin.

Washington révèle de nouvelles images, Téhéran dément

L'annonce du secrétaire à la Défense intervient quelques heures après que le Pentagone a révélé de nouvelles images, censées prouver le rôle de l'Iran dans l'attaque du pétrolier japonais Kokuka Courageous et du norvégien Front Altair, en mer d'Oman. 

Invoquant une menace de l'Iran, Washington déploie 1 000 soldats supplémentaires au Moyen-Orient© Reuters / US Navy

Pourtant, sur les images, aucun insigne ni drapeau n'est visible, pas plus que le nom des vaisseaux.

Invoquant une menace de l'Iran, Washington déploie 1 000 soldats supplémentaires au Moyen-Orient© Reuters / US Navy

Le 13 juin, des explosions avaient en effet fait plusieurs blessés parmi l'équipage des deux navires. Ces attaques avaient eu lieu en parallèle d'un événement historique pour les Iraniens : la venue du Premier ministre japonais, Shinzo Abe, la première d'un chef du gouvernement japonais en exercice depuis la révolution islamique de 1979. En visite en Iran les 12 et 13 juin, le Premier ministre nippon était notamment venu discuter d'une éventuelle détente dans les relations irano-américaines...

Invoquant une menace de l'Iran, Washington déploie 1 000 soldats supplémentaires au Moyen-Orient

L'Iran a réfuté toutes les accusations américaines, soulignant le lourd passif en matière d'opérations sous faux drapeau et de fausses accusations de Washington, lorsqu'il s'agit de défendre ses intérêts aux quatre coins du monde.

Moscou a, de son côté, également fait preuve de sérieux doutes quant à la véracité des accusations américaines. «Nous n’avons pas oublié les flacons de poudre blanche», a ainsi commenté le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, lors d'un entretien accordé à la chaîne de télévision russe Rossiya 1 le 16 juin.

Le porte-parole russe faisait référence au discours prononcé par le secrétaire d'Etat américain Colin Powell le 5 février 2003 devant le Conseil de sécurité de l'ONU, lors duquel le responsable américain avait brandi une fiole censée contenir le virus de l'«anthrax» (maladie du charbon), supposément produit en masse par Saddam Hussein. L'accusation visait à justifier une intervention en Irak. La mise en scène, jugée grotesque par la majorité des observateurs de l'époque, ont rendu cet épisode célèbre dans l'Histoire comme un modèle de mensonge d'Etat. Colin Powell avait en effet reconnu ensuite avoir été trompé.

Un vent de menace... américaine ?

Les Etats-Unis continuent de renforcer leurs troupes aux portes de l'Iran. Officiellement, 1 500 soldats américains sont à l'heure actuelle déjà présents dans le Golfe persique. En mai, Washington a aussi déployé une batterie de missiles Patriot, ou encore des bombardiers à capacité nucléaire.

Généralement en retrait sur les gros dossiers internationaux, Pékin a appelé les deux parties à ne pas «ouvrir la boîte de Pandore» par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Wang Yi. Celui-ci a particulièrement insisté sur le rôle joué par Washington, affirmant : «Les Etats-Unis notamment devraient changer leur pratique de pression maximale [contre l'Iran] Non seulement cela ne permet pas de résoudre le problème, mais cela aggrave la crise.» Le ministre chinois a en outre mis en garde contre toute action unilatérale n'ayant «aucune base dans le droit international».

Il a par ailleurs appelé l'Iran à «prendre ses décisions avec précaution [et à ne pas] pas abandonner [l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015] à la légère», en référence au texte dont Washington s'est retiré unilatéralement du pacte en mai 2018, avant d'infliger de nouvelles sanctions à Téhéran. Dans la foulée de cette décision contestée aux quatre coins du monde, les autorités iraniennes ont annoncé que leurs réserves d'uranium enrichi passeraient à partir du 27 juin au-dessus de la limite prévue par l'accord de 2015. 

Lire aussi : Crise dans le Golfe : les maigres preuves de Washington contre Téhéran qui nie toute implication

Louis Maréchal

Auteur: RT France

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