Expulsé de Dismaland, un artiste palestinien choqué par «le retournement de veste» de Banksy

«Dismaland», le parc d'attractions subversif de Banksy.© Suzanne Plunkett Source: Reuters
«Dismaland», le parc d'attractions subversif de Banksy.

Le graffeur palestinien Shadi Alzaqzouq a été choqué de voir des artistes soutenant la politique d'Israël exposer à Dismaland, le parc d'attractions subversif de Banksy. Après une action de protestation, il a été expulsé de l'exposition.

L'artiste palestinien Shadi Alzaqzouq, 34 ans, ne comprend toujours pas ce qui s'est passé à Dismaland, le parc d'attraction subversif de Banksy, parodie glauque de Disneyland. En effet, lui qui a toujours admiré Banksy notamment pour l'engagement de ce dernier en faveur de la cause palestinienne, vient de se faire expulser de son exposition.

Motif ? Alzaqzouq a été stupéfait de constater la présence d'artistes israéliens soutenant pleinement la politique de leur pays, l'un d'eux ayant même servi dans les forces armées israéliennes.

«Cela m’a fâché de ne pas avoir été informé de leur présence et j’ai essayé de me plaindre auprès des organisateurs», a-t-il expliqué à la presse.

Ses protestations ne trouvant aucun écho, il a donc décidé de montrer son désaccord en recouvrant ses propres oeuvres d'un drap portant l'inscription «R.I.P Gaza (Repose En Paix Gaza NDLR) - Boycott Israël»  et d'un t-shirt montrant un enfant palestinien jetant des pierres, avant de s'allonger en dessous.

Une des oeuvres de Shadi Alzaqzouq recouverte par l'artiste en signe de protestation© Capture d'écran Facebook Shadi Alzaqzouq
Une des oeuvres de Shadi Alzaqzouq recouverte par l'artiste en signe de protestation

Ce «happening» a provoqué  un certain malaise et la directrice de l'exposition, Holly Cushing, proche de Banksy, a immédiatement signalé à Alzaqzouq par téléphone que son oeuvre allait être retirée, car «trop laide» pour être exposée à Dismaland.

Finalement, les travaux du palestinien sont restés en place, mais une note a été accrochée en dessous pour expliquer son choix : «L’artiste a décidé de recouvrir son travail pour protester contre l’exposition de ses tableaux aux côtés d’artistes d’Israël. Nous nous excusons auprès de toutes les personnes déçues et tentons de rêgler ce différent dans les plus brefs délais».

Alzaqzouq est installé à Paris depuis 2007 après une enfance passée entre la Libye et Gaza. Ses oeuvres engagées présentes à Dismaland portent sur le printemps arabe et la destitution de Mouhamar Kadhafi en Libye.

Pour lui, un tel «retournement de veste» de Banksy est incompréhensible. «Si je n’ai pas de réponse, je ne sais pas comment je pourrais continuer à respecter le travail de Bansky qui était un espoir de liberté et de justice !», a déclaré l'artiste au Huffington Post (Algérie), rappelant notamment que Banksy était venu clandestinement à Gaza en février 2015 pour installer des oeuvres dénonçant les conditions de vie des palestiniens. 

Après l'incident de Dismaland, Alzaqzouq est déçu et ne compte pas en rester là : dans un coin de l'exposition, il a inscrit le slogan «Silence is our crime» (Le silence est un crime) qui s'adresse à Banksy.

Créée par Banksy, l'exposition Dismaland, qui se veut être une parodie subversive des parcs d’attractions, a ouvert dans l’enceinte d’une ancienne piscine en plein air de Weston-super-Mare, dans le Sud-Ouest de l’Angleterre.

On y trouve 18 oeuvres et «attractions» toutes plus farfelues les unes que les autres. Entre autres, une oeuvre représentant Cendrillon, agonisant après que son carosse se soit retourné dans un accident ou encore un camion anti-émeutes utilisé durant les heures les plus noires du conflit en Irlande du Nord et transformé en toboggan pour enfants.

L’exposition réunit des œuvres de Banksy et de 58 artistes, tels que les britanniques Damien Hirst et David Shrigley, les espagnols Escif et Paco Pomet ou encore l’américaine Jenny Holzer.

Trois Palestiniens, trois Israéliens, un Egyptien, deux Syriens et un Iranien figurent également parmi les invités à exposer leurs oeuvres. 

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