El-Assad a une «grande confiance dans les Russes»

Le président syrien Bachar Al-Assad donne une interview à la chaîne libanaise du Hezbollah© Sana Sana Source: Reuters
Le président syrien Bachar Al-Assad donne une interview à la chaîne libanaise du Hezbollah

Le président syrien Bachar el-Assad, mis au ban de la communauté internationale et dont le pays est en proie à une guerre civile sanglante, s'est exprimé sur la chaîne du Hezbollah libanais, affirmant conserver les soutiens de Moscou et Téhéran.

«Nous avons une grande confiance dans les Russes qui […] ont entretenu une relation sincère et transparente avec nous». C'est ainsi que Bachar el-Assad s'est exprimé dans une interview donnée à un autre allié du pouvoir syrien : le Hezbollah libanais. L'entretien a permis au chef de l'Etat syrien de s'exprimer sur la guerre civile qui a déjà fait plus de 200 000 dans le pays, depuis qu'elle a commencé en mars 2011. «Les Etats-Unis abandonnent leurs alliés», a affirmé l'homme fort de la Syrie. «Ça n'a jamais été la politique de Moscou, ni du temps de l'Union soviétique, ni du temps de la Russie», a-t-il ajouté, affirmant que «la politique russe est constante. […] La Russie n'a jamais dit qu'elle soutenait le président untel pour qu'elle décide ensuite de l'abandonner».

Dans le même entretien, Bachar el-Assad a salué un autre de ses alliés : la République islamique d'Iran. Interrogé sur les déclarations du président américain Barack Obama, qui a prédit un changement du comportement de l'Iran vis-à-vis de la Syrie, le président syrien a répondu : «la puissance de l'Iran fait la puissance de la Syrie et la victoire de la Syrie est la victoire de l'Iran», ajoutant : «Nous sommes sur un même axe, celui de la résistance».

Le 7 août, le président Barack Obama avait affirmé que «la Russie et l'Iran se rendent compte que la tendance n'est pas bonne pour le président el-Assad». L'accord historique trouvé à Vienne sur le programme nucléaire iranien avait été révélateur d'un apaisement des relations diplomatiques entre la République islamique et l'Occident. Ce dernier, et notamment Washington, souhaite écarter Bachar el-Assad du processus de paix en Syrie. Un état de fait qui n'inquiète pas le président syrien qui estime que l'accord conclu entre Téhéran et le groupe des 5+1 bénéficiera au pouvoir syrien. Les Alaouites, auxquels le pouvoir syrien appartient, sont chiites, tout comme le régime iranien et le Hezbollah libanais, faisant de ces trois acteurs des alliés de fait.

Evoquant la paix en Syrie, Bachar el-Assad a estimé qu'on ne pouvait plus faire de distinction entre les rebelles et les groupes terroristes qui se battent également contre son gouvernement : «Les forces terroristes sont venues pour tuer le peuple syrien», affirme-t-il, soulignant qu'une initiative de paix «où la lutte contre le terrorisme n'est pas une priorité n'a aucune valeur».

Téhéran envoie-t-il des réfugiés afghans se battre en Syrie ?

La confiance de Bachar el-Assad envers l'Iran n'est pas qu'un effet d'annonce. Plusieurs témoignages, recueillis par l'AFP, montrent le soutien de Téhéran sous un jour nouveau : la République islamique recruterait des réfugiés chiites afghans comme combattants et les enverrait en Syrie pour combattre aux côtés des forces gouvernementales de Bachar el-Assad. D'après l'AFP, le nombre d'Afghans partis se battre en Syrie avoisine les 3 500 hommes.

D'après les témoignages, certains Afghans partent au combat sous la menace, tandis que d'autres s'y rendent volontairement par solidarité confessionnelle, notamment pour protéger le mausolée au dôme doré de Sayyidah Zainab, située à proximité de Damas. L'un de ces combattants volontaires a expliqué à l'AFP avoir suivi une brève formation au maniement des armes à Téhéran, avant de s'envoler vers Damas où il aurait intégré une brigade appelé Al-Fatimiyoun. Il aurait alors combattu les rebelles syriens aux côtés du Hezbollah. «L'Iran ne possède pas de troupes de combats en Syrie», admet le mercenaire en précisant: «mais c'est lui qui commande».

La République islamique dément ces informations, que son ambassade à Kaboul a jugées «sans aucun fondement».

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