«Je préférerais mourir, plutôt que de suivre Boko Haram»

Moussa, réfugié nigérian© Capture d'écran d'une vidéo de RT
Moussa, réfugié nigérian

RT s’est rendu dans un camp de réfugiés installé à Dar es Salaam sur les rives du lac Tchad, où des milliers de survivants aux attaques de Boko Haram essaient de retrouver une vie normale. Ceux qui ont réussi à fuir racontent leur expérience.

C’est en janvier 2015 que le Haut-Commissariat pour les réfugiés de l'ONU a construit le camp Dar es Salaam au Tchad occidental. Quelques 10 000 personnes y ont afflué dans les premiers jours de l’année 2015, alors que les yeux du monde étaient rivés sur Paris et l’attentat contre la rédaction de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo perpétré par les frères Kouachi, qui a fait 12 victimes.

Peu nombreux sont ceux qui ont réussi à repérer l’info sur les terribles massacres commis dans la ville de Baga par Boko Haram, une organisation djihadiste. 2 000 personnes, des civils en grande majorité, ont été tués en 24 heures.

C’est pour cela que Moussa, jeune Nigérian, s’est enfui pour le Tchad et s’est installé dans le camp de Dar es Salaam, même si sa vie dans le camp est loin d’être idéale.

«Nous ne vivons pas ici, nous survivons», a expliqué Moussa à l’équipe de RT. «Vous voyez cette nourriture qu’ils nous donnent ? Au Nigéria, c’est ce qu’on donne aux chevaux», poursuit le jeune homme. Mais malgré cela, les enfants des réfugiés ont la possibilité de fréquenter l’une des deux écoles basées dans le camp. L’éducation «à l’occidentale» est l’une des réalités auxquelles Boko Haram s’oppose, comme le laisse supposer son nom, qui se traduit de l’arabe comme «l’éducation est un péché».

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«Les islamistes prétendent que seule leur interprétation du Coran, qui est particulièrement stricte, indique la juste façon de vivre», déplore Moussa, qui ne croit pas dans l’idéologie de ce groupe.

«Le Coran entier ne contient pas un mot, y compris dans les propos d’Allah, indiquant qu’il faut tuer des gens. Je préférerais mourir, plutôt que de les suivre», a avoué le jeune réfugié aux correspondants de RT.

Même si le camp de l’ONU est probablement l’endroit le plus sécurisé que ces réfugiés ont jamais vu de leur vie, nombreux sont ceux qui croient qu’il y a des membres de Boko Haram à l’intérieur de Dar es Salaam. Effrayées, certaines familles refusent d’y entrer en dépit de tous les dangers qui les guettent à l’extérieur.

Le mouvement Boko Haram, est un mouvement salafiste djihadiste qui a pour objectif de créer un califat dans lequel la charia sera la loi communément appliquée. Auteur de plusieurs massacres, attentats et crimes de guerre au Nigéria et au Cameroun, Boko Haram a prêté en mars 2015 allégeance à Daesh (l’Etat islamique). Le groupe est classé comme organisation terroriste par les Nations Unies.

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