Des policiers australiens tabassent et humilient une femme en garde à vue

Les images du rapport.© Capture d'écran The West Australian
Les images du rapport.

Un rapport récemment présenté par le service de surveillance anti-corruption australien accuse des officiers de police d'avoir battu une femme la faisant déambuler nue à travers le commissariat en Avril 2013.

Le rapport de la Commission australienne sur le crime et la corruption (CCC), présenté jeudi au Parlement, affirme que cinq policiers ont été impliqués dans des actes de maltraitance sur une femme prénommée Joanne Martin le 7 Avril 2013.

Le rapport comprend un enregistrement vidéo de l'incident montrant la femme identifiée comme Joanne Martin, 33 ans au moment des faits, crier tout en étant escortée à travers le commissariat, recouverte uniquement d'un drap. Le document affirme que, pendant sa détention, la femme a subi des agressions physiques qui ont entraîné notamment une grave fracture du doigt.

«Peu de temps après son arrivée, Mme Martin s'est retrouvée nue, couchée à plat ventre sur le sol, entourée de plusieurs officiers de police qui la tenaient de force, l'un la frappant violemment avec son poing à l'omoplate, un autre la brutalisant et un troisième essayant de lui retirer une bague avec une telle violence qu'il lui a fracturé le doigt» indique le rapport, cité par le West Australian

«Un peu plus tard, Mme Martin a été escortée par des officiers masculins, menottée aux mains et aux pieds, entièrement nue sous une simple couverture» ajoute le rapport. 

Attention, certaines images peuvent heurter la sensibilité.

Joanne Martin avait été arrêtée plus tôt le même jour à Perth, dans le quartier de Northbridge, pour troubles à l'ordre public et escortée vers le commissariat de Perth-Est. «Rien n'indique [qu'elle] était une menace pour autrui», constate le rapport de la CCC. 

Après l'avoir tabassée et exhibée nue, les officiers ont placé Joanne Martin dans sa cellule, sans lui rendre ses vêtements. Un des policier lui a dit qu'il fallait «qu'elle soit sage» comme on peut l'entendre sur l'enregistrement audio, bien qu'aucune vidéo n'ait été à l'intérieur de la cellule où se trouvait la jeune femme. 

La CCC a condamné les actions des officiers de police déclarant qu'il était «inquiétant de constater que d'autres personne auraient pu sublir le même sort que Joanne Martin le 7 avril 2013 dans ce commissariat de Perth».

Le rapport appelle à traduire les instigateurs de ces sévices ainsi que leurs supérieurs en justice. Il déclare également que l'incident est le résultat d'un «échec institutionnel» au sein des forces de police de l'Australie de l'Ouest. 

La police «en total désaccord» avec les conclusions du rapport

Le commissaire de police Karl O'Callaghan, a nié toutes les allégations contenues dans le rapport et a déclaré que la police était «fondamentalement en désaccord» avec les conclusions de la CCC ajoutant que les officiers avaient agi en accord avec la loi.

«Les officiers ont pris une décision basée sur le risque car ils sont habilités à le faire... Lorsqu'une personne se trouve en garde à vue, elle doit être nue pour que les officiers puissent procéder à une fouille» a-t-il déclaré à la presse australienne au cours d'une conférence de presse.

«C'est à eux [aux policiers] de juger des conditions de détention du suspect» a-t-il déclaré à la chaîne australienne 6PR.

«Nous ne sommes pas d'accord sur le fait qu'il n'y avait aucune raison pour que cette femme soit fouillée» a-t-il ajouté.

Karl O'Callaghan a également souligné que de nombreux détails et reproches du rapport de la CCC n'étaient à ce jour plus pertinents puisque la police avait déménagé dans un nouveau commissariat en Avril 2014. 

«Le nouveau commissariat a un meilleur accès et des zones où les suspects peuvent être fouillés en toute sécurité et surveillés de près. Nous avons une structure de gestion différente dans le nouveau commissariat», a-t-il dit, cité par l'Australian 9 News.

O'Callaghan a également dit que la police utilisait désormais des scanners pour fouiller les gardés à vue. 

Le commissaire n'a pas nié les coups portés à la femme lorsqu'elle marchait à travers le commissariat, mais n'a donné aucune explication à cela.

Le rapport a admis que les procédures de la police avaient été améliorées depuis le déménagement dans le nouveau commissariat.

Toutefois, l'organisme de surveillance est toujours «insatisfait» des mesures prises pour atténuer les risques de brutalités policières et a souligné qu'une «attention particulière» était encore nécessaire dans le domaine de la formation et de la supervision.

L'incident a également attiré l'attention du Premier ministre de l'Australie occidentale, Collin Barnett, qui a exprimé son inquiétude parlant d'un «cas très grave», ajoutant que le commissaire de police ainsi que le ministre de la police auraient à s'expliquer sur les faits. 

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