Yémen : Amnesty réclame une enquête sur les crimes de guerre qui ont touché plus de 1000 enfants

Khaled Abdullah Source: Reuters
Khaled Abdullah

Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a déclaré que plus de 400 enfants avaient été tués et au moins 600 autres blessés depuis fin mars et le début de la campagne militaire saoudienne au Yémen.

«Ce conflit est une tragédie, en particulier pour les enfants yéménites… [ils] sont tués par des bombes ou des balles, et ceux qui survivent font face à la menace croissante des maladies et de la malnutrition», a affirmé le représentant de l’UNICEF au Yémen Julien Harneis, en commentant le nouveau rapport de l’agence onusienne.

Au cours des quatre derniers mois, le conflit a fait 4 300 morts, dont une moyenne quotidienne de huit enfants, rapporte l’organisation «L’enfance en péril», qui précise en outre qu’il s’agit essentiellement de victimes civiles.

Ce conflit a provoqué une catastrophe humanitaire, qui a forcé plus de 1,3 millions de personnes à quitter leurs maisons. Compte tenu de l’étendue des dégâts, près de 10 millions d’enfants, soit 80% de l’ensemble des enfants yéménites, ont besoin d’une aide humanitaire urgente, indique pour sa part l’UNICEF.

«Les enfants sont les plus touchés par ce conflit armé brutal qui a éclaté le mars dernier et qui ne donne pas de signes d’apaisement», regrette l’agence des Nations unies.

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Ce qui est plus choquant, c’est que le nombre des enfants qui participent aux combats a doublé pour atteindre 377 à l’heure actuelle, alors qu’ils n’étaient «que» 156 en 2014. Toutes les parties au conflit recourent en effet à l’aide d’adolescents de sexe masculin pour tenter de prendre le dessus. Selon UNICEF, ces garçons considèrent que la lutte armée est le seul moyen de soutenir leurs familles qui tentent de survivre.

En plus de la désintégration totale du pays, le Yémen traverse une crise sanitaire aiguë. Au cours des derniers mois, 900 cliniques médicales ont été fermées, soit un quart de l’infrastructure médicale «chancelante» du pays.

En conséquence, près de deux millions d’enfants de moins de 15 ans font face à un risque d’une malnutrition, tandis que 2,5 autres millions risquent de contracter la rougeole, un chiffre qui a doublé par rapport à 2014.

Le 18 août, Amnesty International de son côté a publié son propre rapport qui réclame une enquête menée par les Nations unies pour faire toute la lumière sur les crimes de guerre perpétrés par toutes les parties qui alimentent le conflit yéménite. L’organisation non gouvernemental les accuse en outre d’avoir «totalement» échoué à «prendre les précautions nécessaires pour minimiser les pertes civiles».

«Toutes les parties au conflit ont affiché un mépris cruel et injustifié par la sécurité des civils», affirme Donatella Rovera, spécialiste de la gestion des crises auprès d’Amnesty International. «Des civils au sud du Yémen se sont retrouvés pris au piège d’un feu croisé mortel entre loyalistes houthis et les groupes qui les combattaient au sol, tout en étant face à la menace persistante des frappes aériennes de la coalition», a poursuivi la spécialiste.

L’Arabie saoudite a envoyé récemment des centaines de véhicules armés et de soldats entraînés pour aider les partisans du président yéménite déchu Abd Rabbo Mansour Hadi à lutter contre les rebelles Houtis, en plus de la campagne de bombardements aériens qu’elle a initiée en mars dernier. Malgré cette campagne, ces forces sont restées dans une impasse jusqu’à ce que les pays du Golfe renforcent leurs contingents de troupes au sol.

Dans son rapport, Amnesty critique «des frappes aériennes illicites de la coalition dans des quartiers résidentiels densément peuplés», qui sont venues s’ajouter à des combats dans les zones civiles entre rebelles et forces pro-gouvernementales.

«Les coupables de ces attaques impitoyables contre des civils au Yémen doivent savoir qu’ils vont en payer le prix et qu’ils seront tenus pour responsables de crimes de guerre», a encore indiqué Donatella Rovera avant de conclure : «Si la communauté internationale ne parvient pas à enquêter et à demander aux auteurs de ces attaques d’en répondre, alors de telles attaques, l’assassinat et la mutilation déguisée de civils ne feront que continuer». 

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