Matteo Salvini réunit des milliers de partisans à Rome dont... des Gilets jaunes

- Avec AFP

Matteo Salvini réunit des milliers de partisans à Rome dont... des Gilets jaunes© ALESSANDRO BIANCHI Source: Reuters
Matteo Salvini a réuni ses troupes à Rome.

Matteo Salvini, chef de la Ligue et ministre italien de l'Intérieur, a célébré le 8 décembre à Rome ses six premiers mois de gouvernement avec des milliers de partisans. Selon les organisateurs, 80 000 personnes avaient fait le déplacement.

«L'Italie relève la tête», «Les Italiens d'abord», «Six mois de bon sens au gouvernement» proclamaient d'immenses banderoles de soutien à Matteo Salvini qui réunissait le 8 décembre ses partisans à Rome.

Sur la Piazza del Popolo, les organisateurs, qui avaient affrété trois trains et plus de 200 bus dans tout le pays, ont recensé 80 000 personnes, sachant que la police italienne ne donne jamais d'estimation.

Durant son discours, le ministre italien de l'Intérieur et chef de file du parti de droite radicale La Ligue a été parfois interrompu par des «Matteo, Matteo !» Matteo Salvini a notamment cité Martin Luther King, Jean Paul II mais aussi un des leitmotivs de Benito Mussolini : «Tant d'ennemis, tant d'honneur». Mais il a réfuté «une quelconque nostalgie».

Même si la rumeur le dit prêt à lâcher ses partenaires du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) dès qu'il se sentira assez fort pour gouverner seul, Matteo Salvini, désormais crédité de plus de 30% d'intentions de vote dans les sondages (contre 17% en mars dernier), a promis que la coalition allait tenir tout au long des cinq années de législature.

«Tant qu'ils font avancer les choses, cela me va», a approuvé Luciana, une retraitée de 71 ans venue de Bologne (centre), selon l'AFP. «Ça irait quand même mieux sans l'aile gauche du M5S», a assuré Marco La Franca, gardien de nuit de 54 ans venu de Ligurie (nord-ouest). Comme beaucoup sur la place, il a longtemps voté pour Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi. Mais pour lui, le vieux milliardaire est désormais trop proche de la gauche.

Alors que le gouvernement est engagé dans un bras de fer avec la Commission européenne sur son budget résolument anti-austérité, que Bruxelles rejette en raison du niveau de la dette publique de l'Italie, Matteo Salvini a réaffirmé son euroscepticisme.

«Si l'Europe se limite aux contrôles, aux mises sous tutelle, au spread [l'écard très surveillé en Italie entre les taux d'emprunt italiens et allemands], au 0,1% [de déficit] en plus ou en moins, cette Europe est destinée à faire faillite», a-t-il expliqué avant de lancer à propos des discussions en cours avec Bruxelles : «Nous n'avons peur de rien ni de personne.»

«Il faut absolument réformer l'Union européenne, il faut un fort vote populaire en mai dans les 27 pays. Il y a trop de pouvoir dans les mains des banquiers, alors que les impôts, c'est nous qui les payons», a approuvé Pierre Orsone, professeur de droit et d'économie âgé de 60 ans.

Les Gilets jaunes font causer en Italie

Se présentant comme «Salvinien plutôt que partisan de la Ligue», il a enfilé un gilet jaune, tout comme Stefano Feliziani, chauffeur de taxi romain de 63 ans, qui s'est dit solidaire d'«un peuple en lutte contre l'usurocratie, le gouvernement des banques, la mondialisation de la pensée unique».

A la tribune, Matteo Salvini a en outre évoqué le mouvement français des Gilets jaunes : «Qui sème la pauvreté récolte les manifestations, qui sème les fausses promesses récolte la réaction des périphéries et des campagnes.»

Pour Giuseppe Rida, policier de 47 ans venu avec sa femme et leur fils de 10 ans, «c'est une lutte qui doit se faire aussi ici, mais avec ce gouvernement, on est déjà sur la bonne voie».

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