«Ton pays, ton futur»: une campagne invitant les migrants à rentrer chez eux fait débat en Allemagne

«Ton pays, ton futur»: une campagne invitant les migrants à rentrer chez eux fait débat en Allemagne© RT France
Campagne d'affichage du ministère de l'Intérieur allemand.

Dans le cadre d'un programme initié en 2016, le ministre de l'Intérieur allemand a lancé une nouvelle campagne d'affichage en plusieurs langues, y compris en russe, invitant les migrants, demandeurs d'asile comme clandestins, à rentrer chez eux.

Des affiches invitant les immigrés au «retour volontaire», mises en place dans le cadre d'une initiative de l'Etat fédéral allemand, suscitent des réactions d'indignation depuis quelques jours outre-Rhin.

Sobres, sur fond blanc, quelques mots annoncent : «Ton pays, ton futur, maintenant !» Ce tutoiement s'adresse aux membres différentes communautés venus s'installer en Allemagne et susceptibles de vouloir quitter le pays de manière volontaire ; l'affiche a d'ailleurs été déclinée en plusieurs langues, dont l'arabe, le dari, le kurde ou le pachto.

«Ton pays, ton futur»: une campagne invitant les migrants à rentrer chez eux fait débat en Allemagne

Une version déclinée en langue russe a toutefois suscité de vives interrogations sur les réseaux sociaux. Présumant que cette invitation s'adresse aux réfugiés accueillis en nombre par l'Allemagne ces dernières années et dont «le pays d'origine est de nouveau en sécurité», cet internaute s'indigne ainsi que les Russes allemands soient eux aussi visés. «Quand l'Allemagne, qui nous a adoptés, nous demande, par une affiche dans le métro, si nous ne voudrions pas faire de la place et retourner dans notre pays d'origine», écrit-il sur Instagram en russe.

Or, la communauté des Russes allemands, qui compterait environ 3,5 millions de personnes en Allemagne, passe pour l'une des mieux intégrée. Elle est en grande partie composée des Allemands ou leurs descendants ayant vécu en Russie ou dans les anciennes républiques soviétiques et arrivés en Allemagne après la chute du bloc soviétique dans les années 1990, mais aussi d'un certain nombre de Juifs russes. Leur statut est en outre régi par la loi fondamentale de la République fédérale d'Allemagne.

De fait, la campagne publicitaire lancée par le ministère fédéral de l'Intérieur, des Travaux publics et de la Patrie ne précise pas quelles communautés sont concernées. Le site returningfromgermany.de, lancé à l'initiative du ministère, se contente de préciser que toute personne «ressortissant de pays tiers», indépendamment de ses éventuelles démarches de demande d'asile, est concernée.

De manière plus générale, c'est le débat autour de cette politique de «retour volontaire» qui est relancé par cette campagne. Depuis 2016, ce programme, par la suite soutenu par l'Organisation internationale pour les migrations, s'adresse aussi bien aux migrants dont la demande d'asile a été rejetée qu'à des immigrés clandestins ayant changé d'avis après être entré sur le territoire. En 2016, quelque 54 000 personnes ont opté pour cette solution grâce à laquelle elles peuvent compter sur jusqu'à 1 200 euros d'aide, auxquels s'ajoutent de possibles soutiens financiers à la réinsertion. Les autorités du pays d'origine ne sont pas averties en cas de retour volontaire.

En revanche, pour la gauche allemande cette démarche contredit la notion même de droit d'asile. Interrogée par Sputnik, Ulla Jelpke, députée du parti Die Linke et spécialiste des questions de politique intérieure, estime que «les demandeurs d'asile sont pressés de renoncer à leurs droits par une stimulation financière». «Ce programme contribue au démantèlement du droit d'asile», s'inquiète-t-elle. 

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