Trump brandit la «caravane» des migrants pour tacler les démocrates sur l'immigration

Trump brandit la «caravane» des migrants pour tacler les démocrates sur l'immigration© UESLEI MARCELINO Source: Reuters
Des migrants d’Amérique centrale en route pour les Etats-Unis, à Tapachula au Mexique, le 23 octobre.

Le président américain fait face à une situation complexe à la frontière sud de son pays, que 7 000 migrants tentent de franchir illégalement. Une crise qu'il compte bien retourner contre les démocrates à l'approche des élections de mi-mandat.

La campagne pour les élections de mi-mandat bat son plein aux Etats-Unis, démocrates et républicains faisant feu de tout bois pour trouver des arguments électoraux. Ces derniers jours, le président américain Donald Trump a concentré ses efforts sur la «caravane», un cortège de plus de 7 000 migrants en provenance du Honduras, qui a l'intention d'entrer sur le territoire américain.

L'occasion pour le chef d'Etat – qui prône à la frontière mexicaine l'édification d'un mur dont la construction dépend grandement d'un succès à ces élections – de réaffirmer sa position de fermeté sur le sujet. Mais aussi de croiser le fer avec les démocrates autour de l'immigration, question sur laquelle ils apparaissent divisés, comme en témoigne le silence des principaux responsables du parti, qui ne se sont pas risqués à prendre position à quelques jours du scrutin.

Des criminels présents dans la «caravane» financée par les démocrates, selon Trump

Une brèche dans laquelle le locataire de la Maison-Blanche n'a pas manqué de s'engouffrer, blâmant pour cette situation des démocrates incapables de voter un durcissement des lois sur l'immigration. «Des criminels et des individus en provenance du Moyen-Orient sont mêlés [aux migrants]. J'ai prévenu les patrouilles frontalières et militaires qu'il s'agissait d'une urgence nationale. Nous devons changer les lois!», a-t-il lancé dans un message sur Twitter le 22 octobre, sans toutefois préciser la source de ces informations. Ce qui n'a pas empêché son vice-président Mike Pence de reprendre cette assertion lors d'une interview accordée au Washington Post le lendemain.

Donald Trump, fidèle au style dont il est coutumier depuis son entrée sur la scène politique, n'a pas lâché sa proie, bien au contraire. Dans un pays où, depuis qu'il a accédé au pouvoir, tous les coups semblent permis – à l'image du spectacle offert lors de la confirmation de Brett Kavanaugh à la Cour suprême – le président américain a laissé entendre que le parti démocrate avait financé la «caravane» à des fins purement politiques. «Vous savez comment la caravane s'est formée ? Je pense que les démocrates avaient quelque chose à voir avec ça», a-t-il lancé face à ses partisans le 22 octobre, mimant d'un geste une distribution d'argent.

S'il n'est pas exclu qu'il dispose d'informations fiables sur le sujet, le locataire de la Maison-Blanche s'est pour l'heure cantonné à des accusations. Avec un objectif clair : la mise à mort du parti démocrate sur la question de l'immigration. Dans cette optique, celui qui est passé maître dans l'art du «trollage» a cité un discours de Barack Obama, dans lequel ce dernier déclarait que les Etats-Unis ne pouvaient pas laisser entrer illégalement des migrants sur leur territoire. «Je suis d'accord avec le président Obama, à 100%.»

Reste à voir si cette stratégie se révélera gagnante le 6 novembre, jour des élections de mi-mandat, un scrutin aux enjeux cruciaux pour l'avenir de la politique américaine. D'un côté, l'idée d'une procédure de destitution de Donald Trump revient avec insistance dans les rangs démocrates, qui pourraient la mettre en œuvre s'ils venaient à reprendre le contrôle de la Chambre basse. De l'autre, les républicains sont tenus de conserver une majorité pour être en mesure de gouverner.

Lire aussi : Hillary Clinton estime que les démocrates ne peuvent pas rester «courtois» face aux républicains

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