Afghanistan : 24 heures meurtrières à Kaboul

Deux policiers afghans se tiennent devant l'académie de police touché par un attentat suicide, vendredi 8 août, à Kaboul.© Omar Sobhani Source: Reuters
Deux policiers afghans se tiennent devant l'académie de police touché par un attentat suicide, vendredi 8 août, à Kaboul.

35 personnes sont mortes à Kaboul, dans une vague d'attaque qui a aussi fait des centaines de blessés. La journée la plus sanglante depuis des années.

Les attaques se sont succédé, vendredi 7 août, dans la capitale afghane. Cela a commencé avec un attentat-suicide commis par un Taliban, qui s'est fait exploser devant une académie de police, tuant une vingtaine de jeunes recrues et en blessant 25. Quelques heures plus tard, deux autres explosions résonnaient dans la ville, avant qu'une fusillade n'éclate près de Camp Integrity, une base des opérations spéciales de l'armée américaine.

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Cet échange de tirs a eu lieu lors de l'attaque de la base militaire par des insurgents. L'attaque a fait un mort parmi les employés de la base et deux dans les rangs des combattants insurgés. «Des locaux de la coalition ont été attaqués à 22h15», ont précisé les forces américaines dans un communiqué. La victime est le cinquième membre du service international a perdre la vie en Afghanistan cette année.

Des attaques qui font suite à l'explosion d'un camions piégé qui a fait vingt mort et plusieurs centaines de blessés près d'une base de l'armée afghane, dans le quartier résidentiel de Shah Shaheed, dans le centre de Kaboul. Les victimes sont toutes civiles, d'après le porte-parole des hôpitaux de Kaboul, Kabir Amiri.

L'attaque sur l'académie de police a d'ores et déjà été revendiquée par les Talibans via leur porte-parole Zabiullah Mujahed. Personne n'a encore pris la responsabilité de l'attentat au camion piégé dont le but reste incertain, notamment à cause de la confusion portée par l'heure de l'attaque : 1h du matin, une heure creuse et donc des dégâts moindres.

La mort de Mollah Omar

Cette série d'attaque représente la journée la plus meurtrière depuis décembre 2011. Elle a lieu une semaine après l'annonce officielle de la mort du Mollah Omar, le leader des Talibans en Afghanistan. Mort depuis deux ans déjà, sa disparition était niée par les Talibans jusqu'au 29 juillet. La confirmation de la mort du djihadiste, par les services de renseignements afghans, avaient créé de fortes turbulences au sein des groupes talibans insurgés. Une lutte de pouvoir à la tête du mouvement, notamment, jusqu'à la nomination de Mullah Akhtar Mansour, l'adjoint du Mollah Omar depuis 2010. Mais ce dernier fait face à une importante résistance interne, menée, entre autre, par des membres de la familles du chef disparu.

En savoir plus : Mollah Omar mort depuis plus de deux ans, d'après les renseignements afghans

Un peu plus d'une semaine après l'officialisation de la mort de leur leader, les Talibans ont procédé à une série d'attaques dont la portée était inédite jusqu'ici. Mais si la journée du vendredi 7 août représente un record en terme de victimes depuis 2011, ce sont surtout les populations civiles qui en subissent les conséquences. D'après un porte-parole de la présidence afghane, Zafar Hashemi, 47 femmes et 33 enfants faisaient parti des 240 personnes blessées lors de l'attaque au camion blindé. Cela porte à 5 000 le nombre de victimes civils depuis le début de l'année 2015. Les enfants représenteraient le quart de ces victimes, d'après les Nations Unies.

Un changement de cible qui s'explique par un changement de stratégie de la part des insurgés talibans. À l'attaque frontale, ceux-ci privilégient de plus en plus les attentas-suicides. Les six premiers mois de 2015 ont vu une augmentation des actes kamikazes de 78%. Cette journée sanglante du vendredi 7 août en est une illustration flagrante.

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