En Belgique, le communautarisme religieux inquiète (REPORTAGE)

En Belgique, le communautarisme religieux inquiète (REPORTAGE)© François Lenoir Source: Reuters
Une femme passe devant un mannequin portant un foulard sur un marché du quartier bruxellois de Molenbeek

Alors que la ville de Liège vient d’être touchée, ce 29 mai, par une attaque terroriste, la question du communautarisme religieux reste plus que jamais d’actualité en Belgique. RT France a rencontré quelques acteurs de ce débat sensible.

De nouveau touchée par un attentat ce 29 mai dans la ville de Liège, la Belgique serait-elle en train de subir les conséquences de la montée du communautarisme religieux au sein de la société ? Pour une partie de la classe politique belge, l'émergence du parti Islam, favorable à l’introduction dans le pays de plusieurs normes émanant de la charia, est une preuve manifeste de la répercussion sur le plan politique de ce phénomène. 

Au micro de RT France, Ali Bakkali Tahiri, président du parti controversé Islam, nie pourtant en bloc tout projet anti-démocratique. «Nous sommes dans le cadre de la Constitution et les lois de peuple belge […] Ce n’est pas nous les communautaristes. Qui veut partager la Belgique en déclarant la république de Flandre ? Ce n’est pas nous. Nous voulons l’Etat unitaire», s’est-il défendu.

Un discours lisse et rassembleur qui tranche avec les actes de certains de ses membres. En avril dernier, Redouane Ahrouch, fondateur du parti Islam et candidat aux élections communales d’octobre prochain, avait refusé de serrer la main aux femmes et évité tout contact, même visuel, au cours d’une émission politique diffusée sur la chaîne RTL-TVI. Sur le site du parti, les propositions polémiques son nombreuses : légalisation de la polygamie et des mariages d'adolescents, distribution de repas halal dans les cantines scolaires, mise en place de jours de congés confessionnels, interdiction de l'euthanasie, restriction de l'avortement ou encore abrogation des lois «anti-voile».

A l’opposé de l’échiquier politique belge, le discours est tout autre. Pour Mischaël Modrikamen, président du Parti populaire belge, le laxisme des autorités envers les individus originaires du monde musulman est à l’origine des revendications communautaristes. Pour lui, «il n y a pas de place pour un islam politique ou de revendication en Europe occidentale» car il risquerait de mener le pays vers «la guerre civile».

Selon Hamid Bénichou, ancien policier d’origine algérienne, il est nécessaire que les personnes issues des minorités respectent les valeurs d’un «pays sécularisé» pour permettre le vivre-ensembleUn vivre-ensemble qui se heurte pourtant à une société où le communautarisme religieux semble prendre des proportions de plus en plus importantes...

Le 29 mai, un individu a tué trois personnes à Liège, avant d'être abattu par la police. L'homme aurait crié «Allah Akbar et parlé de la Syrie», d'après une femme témoin de l'attaque, citée par Franceinfo. Le dossier a été confié au parquet fédéral belge, compétent en matière de terrorisme. En conférence de presse le même jour, le procureur a affirmé qu'il s'agissait d'une «infraction terroriste». 

Lire aussi : «Allah Akbar» : un homme tue 3 personnes dont deux policières à Liège avant d'être abattu (IMAGES)

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. Cliquez ici pour en savoir plus.

Accepter