Gina Haspel confirmée à la tête de la CIA malgré son rôle dans les programmes de torture

Gina Haspel confirmée à la tête de la CIA malgré son rôle dans les programmes de torture© Aaron Bernstein Source: Reuters
Gina Haspel lors de son audition par la commission sénatoriale du Renseignement à Wahsington, le 9 mai

Le passé trouble de Gina Haspel, qui a supervisé les programmes de tortures dans une prison secrète de la CIA en Thaïlande, n'ont pas empêché le sénateurs américains d'en faire la première femme à diriger l'agence de renseignement.

Gina Haspel est la nouvelle directrice de la CIA après avoir été confirmée par un vote du Sénat le 17 mai, avec 53 voix pour et 45 contre. Lors de ce vote de la chambre haute du Congrès, elle a obtenu le soutien de six élus de l'opposition démocrate.

Pour devenir la première femme à diriger le service de renseignement américain, Gina Haspel a dû surmonter les polémiques, notamment concernant son rôle de responsable d'une prison secrète de la CIA en Thaïlande, où les détenus suspectés d'appartenir à al-Qaïda étaient fréquemment torturés.

Elle a notamment supervisé l'interrogatoire d'Abd al-Rahim al-Nashiri, considéré comme le cerveau des attaques contre le pétrolier français Limburg en 2002 et le navire américain USS Cole en 2000. «Il a des séquelles irréversibles, [...] au cours de mes 20 ans d'expériences à traiter les victimes de la torture, Abd al-Rahim al-Nashiri est un des individus les plus traumatisés que j'ai jamais vus», a confié au site d'informations en ligne The Intercept Sondra Crosby, le médecin l'ayant examiné. A l'instar de 109 généraux et amiraux, cette dernière avait demandé au sénateurs de ne pas confirmer Gina Haspel, mais son appel n'a pas été entendu.

Parmi les techniques employées, le tristement célèbre waterboarding, consistant à faire vivre à la personne torturée les sensations d'une noyade. Une technique illégale selon le code militaire, mais qui figurait parmi celles autorisées par le président George W. Bush après les attentats du 11 septembre 2001, avant d'être définitivement bannie par son successeur Barack Obama. Sondra Crosby a par ailleurs listé d'autres techniques qui avaient été utilisées contre Abd al-Rahim al-Nashiri, tels que le simulacre d'exécution, le viol anal et les menaces d'agresser sexuellement sa mère.

Auditionnée la semaine dernière par la commission sénatoriale du Renseignement, chargée de valider sa candidature, elle avait promis que, sous sa direction, la CIA ne reprendrait pas ce programme controversé d'interrogatoires. Elle avait également admis que «la torture ne marchait pas».

Lire aussi : Torture, prisons secrètes : 109 hauts-gradés US ne veulent pas Gina Haspel à la tête de la CIA

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