Cocaïne et prostituées relancent le débat sur la chambre des Lords en Angleterre

L'avenir de la chambre des Lords est posée après la démission de Lord Sewel. Source: Reuters
L'avenir de la chambre des Lords est posée après la démission de Lord Sewel.

Un Lord anglais a dû démissionner suite à la parution de photos le montrant en train de prendre de la cocaïne avec des prostitués. Cette affaire relance les questions sur la légitimité de cette chambre des Lords, dont les membres ne sont pas élus.

C'en était trop pour John Sewel. Après la révélation, dimanche, par The Sun, d'une vidéo le montrant en train de consommer de la cocaïne avec des prostituées, celui qui était premier président adjoint de la chambre des Lords a décidé de démissionner. Ce qui ne l'empêchera pas de garder son titre de Lord.

Il n'avait finalement pas trop le choix. Membre à vie de la chambre des Lords après avoir été anobli par la reine, John Sewel risquait en effet de devenir le premier lord à être exclu du Parlement, selon les nouvelles règles qu'il avait lui-même contribuées à introduire.

Mais la vidéo publiée par The Sun a fait un tel scandale de l'autre côté de la Manche, que la pression devenait trop forte pour John Sewel. Sur la vidéo diffusée par le Sun, on voit en effet ce Lord écossais, torse nu, prendre de la cocaïne étalée sur la poitrine d'une des deux prostituées à l'aide d'un billet roulé de cinq livres. 

Sur d'autres captures d'écran de cette vidéo, il signe un chèque de 200 livres à l'une des deux femmes. Mardi, d'autres photos de «LordCoke» ont vu le jour. Il y apparaît complètement nu avec la mention "censurée" masquant sa taille. On le voit aussi à nouveau consommer de la cocaïne. Il apparait aussi simplement vêtu d'un soutien-gorge rouge et d'un perfecto en cuir.

Face au scandale créé par la divulgation de ces photos, l'ancien ministre de Tony Blair, marié, a publié un communiqué pour «mettre un terme à ma qualité de membre de la Chambre des Lords». Il espère, par cette décision, et alors que de nombreuses personnalités politiques le poussaient dans cette direction, «limiter et aider à réparer les dommages que j'ai causés à une institution qui me tient à coeur».

Ce scandale qui frappe la chambre haute britannique relance en tout cas le débat sur cette institution, dont les membres ne sont pas élus, et qui est souvent perçue comme une relique de l'Ancien Régime. D'autant que ce n'est pas le premier scandale qui touche un Lord anglais. David Cameron a ainsi dû défendre l'institution, affirmant qu'il était «hors de question» de se lancer dans une refonte des institutions anglaises. 

La suppression de cette chambre est pourtant souvent dans le débat public au Royaume Uni. En 2012, les libéraux avaient ainsi voulu réformer ce parlement, souhaitant que 80% des Lords soient élus. Une fronde s'en était suivie, enterrant le projet. De son côté, David Cameron entend plutôt renforcer cette chambre.

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