La Russie opposera son veto au projet de tribunal pour le MH17, examiné à l’ONU

Des fleurs et des souvenirs apportés par les habitants locaux sur le lieu du crash du Boeing malaisien dans la région de Donetsk Source: Reuters
Des fleurs et des souvenirs apportés par les habitants locaux sur le lieu du crash du Boeing malaisien dans la région de Donetsk

Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU doit voter mercredi un projet de résolution sur la création d’un tribunal international pour le crash du vol MH17 en 2014, la Russie a déclaré son opposition ferme à une telle décision.

Vladimir Poutine a expliqué mercredi par téléphone au Premier ministre des Pays-Bas Mark Rutte les raisons de l’opposition de son pays au projet d’un tribunal pénal international sur le crash du MH17. Selon le président russe, un tel tribunal ne serait pas la solution la plus efficace pour établir les responsabilités de la tragédie du vol MH17, qui s’est écrasé au-dessus de l’Ukraine en juillet 2014. 

Vladimir Poutine a en outre regretté que le projet d’une autre résolution sur le MH17, présenté auparavant par la Russie en tant qu’une solution de compromis, n’ait pas été soutenu par les pays qui réclament la création d’un tribunal international sur ce sujet.

Auparavant, la Russie a présenté un projet alternatif de nouvelle résolution, qui prévoit la nomination d’un représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’enquête sur la tragédie, et réclame que «les responsables de cet accident aérien soient traduits en justice», sans pourtant insister sur la création d’un tribunal spécial à ces fins. En revanche, selon le document, un châtiment équitable des responsables doit être prononcé au terme d’une enquête plus transparente, où toutes les parties impliquées auraient un accès égal à toutes les preuves.

Le projet de résolution qui prévoit la création d’un tribunal pénal international sur la catastrophe du Boeing dans le Donbass a été présenté par la Malaisie avec le soutien de l’Australie, de la Belgique, des Pays-Bas et de l’Ukraine, les pays qui font partie d’une équipe commune d’enquête sur ses circonstances. La Russie n’a cependant pas été admise à particper à cette enquête, même si elle a proposé à plusieurs reprises sa coopération.

Pourquoi un tribunal n'est pas une solution

Dès l’annonce de l’initiative à propos de ce tribunal, Moscou s’est prononcée résolument contre l’adoption d’une telle résolution, en estimant qu’il était prématuré et contreproductif de soulever cette question avant la publication d’un rapport officiel rédigé par les experts néerlandais au terme de plus d’un an d’enquête.

En réaction à cette idée, le représentant permanent de la Russie au Conseil de sécurité de l’ONU Vitali Tchourkine a rappelé que «jamais dans l’histoire, le crash d’un avion civil n’avait servi de motif pour la création d’un tribunal international», en citant d’autres cas similaires dans l’histoire aéronautique mondiale, dont la catastrophe de l’avion de ligne A300 abattu par les Etats-Unis au-dessus du Golfe Persique ou le Tu-154 civil russe abattu par l’Ukraine au-dessus de la mer Noire.

En outre, la partie russe a souligné que le «mécanisme même de création de tribunaux internationaux est très controversé et a fait l'objet de nombreuses critiques, les exemples précédents de telles institutions – comme par exemple, le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie – permettant de douter de leur efficacité», peut-on lire dans un communiqué officiel du ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie.

Le tribunal en question, fondé en 1993, a été plus d'une fois pointé du doigt pour son «manque d'objectivité», 60 % des accusés étant de nationalité serbe, et tous les généraux croates ayant été acquitté.

Selon Vitali Tchourkine, la Russie devrait s’opposer à ce projet lors de la séance du Conseil de sécurité de l’ONU du mercredi 29 juillet. «Nous allons nous prononcer contre, je n’en doute pas. Si la résolution obtient 9 votes ou plus, ce sera un veto. Si on est à moins de 9, ce sera tout simplement un «non» de la Russie au côté d’autres membres du Conseil de Sécurité», a-t-il expliqué lundi aux journalistes.

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