Daesh a bombardé les stars d’une émission de télé-réalité australienne en Syrie (VIDEO)

L'émission de télé-réalité de SBS
L'émission de télé-réalité de SBS

Les participants d’une émission de télé-réalité australienne ont été attaqués par Daesh en Syrie lors d’un tournage, a révélé la chaîne SBS. Le principe de cette émission consiste à vivre l’expérience des réfugiés et à la montrer aux Australiens.

SBS a diffusé le premier épisode de la nouvelle saison de «Retournez d’où vous venez» mardi soir. Cette série envoie «des Australiens ordinaires» en Syrie, à Bagdad et en Birmanie, pour faire vivre, par leur intermédiaire, aux téléspectateurs le quotidien de réfugiés dans différentes zones de conflit.

Dans l’une des scènes tournées en Syrie, trois des six membres de l’équipe s’enfuient sous des tirs et tentent de s’abriter derrière des murs, tandis que l’on entend des tirs de mortiers en arrière-plan.

«Ok, les tirs se rapprochent. Restez à terre !», dit une voix qui guide les participants. «Restez à terre, le plus bas possible. Cachez vous derrière ce mur. Nous ne voulons pas qu’ils sachent que nous sommes ici. Ils sont devant nous».

Les participants qui ont été pris au piège dans cet incident ont été «escortés en sécurité vers le front syrien par des soldats kurdes qui protégeaient un village attaqué par Daesh et se sont trouvés sous le feu des rebelles», a expliqué la chaîne dans un clip promotionnel. 

La chaîne SBS a renforcé la protection des tournages de l’émission mardi, et déclaré que d’importantes mesures de sécurité avaient été prévues pendant la préparation de la série. Elle a ajouté que la sécurité revêtait pour elle une importance «primordiale».

Cependant, un consultant en sécurité australien qui a examiné les images, l’ex-officier de l’armée Justin Bowden, a affirmé que «ce déploiement était risqué» et qu’«un contrôle approprié n’avait pas été mis en œuvre», a rapporté le quotidien The Sydney Morning Herald.

Bowden a conclu dans son analyse que les trois participants qui avaient essuyé des tirs auraient du être munis de casques, en plus des gilets pare-balles qu’ils portaient déjà.

SBS a admis que l’incident n’avait pas été envisagé, mais a dit que le groupe était protégé par une compagnie privée de sécurité tout au long de son voyage à travers la Syrie. 

«La scène filmée dans laquelle le groupe a subi des tirs n’a pas été planifiée, mais n’était pas une chose inattendue dans la zone de combat», peut-on lire dans le communiqué de la chaîne. «L’équipe de sécurité armée était préparée à un événement de ce genre et a rapidement pris des mesures pour évacuer les participants et l’équipe dans un site plus sûr».

Tous les participants n’ont pas pris part à cette mission dangereuse. Un membre de l’équipe a renoncé à se rendre sur le front syrien après un briefing de sécurité. Un cadreur a aussi été laissé sur place pour limiter le nombre de participants à cette séquence.

Un des membres de l’équipe, la militante anti-réfugiés Kim Vuga, qui était parmi ceux qui ont essuyé des tirs, a décrit les dangers auxquels elle a fait face en Syrie. «Le pire c’était de s’approcher autant que possible et de savoir que les balles pouvaient nous atteindre», a-t-elle dit à The Herald. «On nous a dit de guetter tous les sifflements dans l’air et que cela pouvait signifier qu’un obus de mortier venait d’être tiré. On nous a dit que nous avions 30 secondes pour courir 100 mètres.

L’idée qui sous-tend cette émission de télé-réalité, qui en est à sa troisième saison, est «de donner un visage humain à un problème global pressant», selon le producteur exécutif de l’émission, Michael Cordell.

Cette série a remporté un Emmy award dans la catégorie «émission de télévision interactive» en 2013. Dans les saisons précédentes, l’action se déroulait en Afghanistan, en Somalie et en Indonésie.

L’attention que porte cette émission à la question des réfugiés n’est pas une coïncidence, alors que le gouvernement australien sévit sans pitié contre l’immigration illégale, faisant voter des lois parmi les plus restrictives au monde. Ainsi, les autorités australiennes détournent les bateaux de demandeurs d’asile et le pays n’accueille actuellement pas plus de 6 000 réfugiés par an, dans le cadre d’un programme de visa «humanitaire».

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