En Espagne, la monarchie n'est plus la bienvenue dans les mairies dirigées par Podemos

En 2014, d'importantes manifestations avaient été organisées par les Républicains. Source: Reuters
En 2014, d'importantes manifestations avaient été organisées par les Républicains.

De nombreux maires du parti Podemos commencent à retirer de leurs mairies les traces de la monarchie espagnole. De quoi relancer le débat en Espagne.

Sous l'influence du parti Podemos de Pablo Iglesias, les Républicains espagnols sont en train de regagner du terrain. Ainsi, les portraits de Felipe VI ou de son père Juan Carlos sont peu à peu retirés des mairies de nouveaux édiles élus sous l'étiquette Podemos. De quoi relancer le débat sur la monarchie en Espagne. 

Le nouveau maire de Barcelone, Ada Colau, a été le premier à lancer les hostilités en faisant retirer le buste du roi Juan Carlos de la salle du conseil, jeudi, sous les flashes des photographes. Le buste en bronze se trouvait depuis presque 40 ans dans la salle du Conseil municipal. 

La mairie de Barcelone, dirigée depuis le 13 juin par une plateforme citoyenne, a donc relancé un débat qui ressurgit très souvent en Espagne. En avril 2013, 8 000 personnes avaient défilé à Madrid pour appeler à la fin de la Monarchie. Une autre manifestation, en juin 2014, avait rassemblé 20 000 manifestants à Madrid, et 5 000 à Barcelone. 

Mais le débat lancé dans la capitale de la Catalogne ne se cantonne pas à Barcelone. A Saragosse (centre) la municipalité dirigée par Pedro Santisteve, de Podemos, a également tenté de changer le nom du gymnase municipal Felipe VI, espérant le rebaptiser en l'honneur d'un entraîneur local de basket. Jose Maria Gonzalez "Kichi", le nouveau maire de Cadiz, (sud), également de Podemos a, lui, remplacé la photo de Juan Carlos qui trônait dans son bureau par une image d'un célèbre anarchiste de la ville.

Presque 80 ans après la guerre civile (1936-1939) qui s'est soldée par la défaite des républicains et l'installation de la dictature de Francisco Franco jusqu'en 1975, certains y voient une revanche historique, dans un pays où les blessures de ce conflit n'ont jamais été entièrement soignées.

Juan Carlos avait été désigné comme successeur à la tête de l'Etat espagnol par le dictateur et à ce titre, il est le symbole pour ses partisans d'une transition réussie de la dictature à la démocratie, en ayant permis l'avènement d'une monarchie parlementaire.

Depuis les années 2010 la monarchie, ternie par les scandales de corruption touchant la deuxième fille du roi, l'infante Cristina, et son époux Iñaki Urgandarin, n'est plus intouchable. Et les parties de chasse au Bostwana du roi Juan Carlos en 2012, ses affaires de cœur en pleine crise, n'ont fait qu'enfoncer le clou. Depuis son abdication son fils Felipe VI tente de réparer le tort causé à l'image de la Maison royale.

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