Syrie : les frappes turques continuent, Erdogan appelle à un sommet de l'OTAN

Un avion militaire turc F16 participant aux frappes contre les positions du PKK en Irak.© Umit Bektas Source: Reuters
Un avion militaire turc F16 participant aux frappes contre les positions du PKK en Irak.

Le village de Zor Mghar, au nord de la Syrie, a été bombardé par des chars turcs, dimanche 26 juillet. Ankara a parallèlement demandé un sommet de l'OTAN pour discuter de la sécurité dans la région.

C'est une attaque qui atteint le PKK (parti politique et force militaire kurde) plus que l’État Islamique. La cible est un village proche de la frontière turque, situé dans la région d'Alep. D'après l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme (OSDH), les frappes ont fait quatre blessés parmi les combattants kurdes.

Il s'agit de la seconde attaque contre des positions militaires et logistiques du PKK. La première était dirigée contre les bases kurdes du nord de l'Irak. Avec ces deux attaques, la Turquie met fin à deux ans d'une paix précaire, entre Ankara et le PKK, considéré par les autorités turques comme un groupe terroriste.

Parallèlement à ces actions, la Turquie a lancé un appel à l'OTAN. Ankara, membre de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, a convoqué une réunion des états-membres, d'ici une semaine. Le but : évoquer les problèmes de sécurité dans cette région où s'affrontent de plus en plus de belligérants : armée syrienne de Bachar el-Assad, rebelles syriens, Al-Qaïda, Daesh, Hezbollah, PKK, forces de la coalition menée par les États-Unis, etc.

D'après le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, l'entrée d'Ankara dans le conflit vise l'ensemble des «organisations terroristes». Le PKK, autant que l’État Islamique, serait visé. La Turquie, qui a lancé ses opérations militaires vendredi 24 juillet, a l'intention de créer une «zone de non-vol» ou «zone de sûreté» au nord de la Syrie. Le but : protéger ses frontières et empêcher les flux de réfugiés se rendant dans le pays. «nous avons toujours défendu l'idée des zones de non-vol et des zones de sûreté en Syrie», a annoncé Ahmet Davutoglu, qui explique que «les populations qui ont été déplacées peuvent trouver refuge dans ces zones de sûreté».

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Les actions militaires turques créent une nouvelle confusion dans les positions des belligérants. La Turquie s'est déclarée deux cibles : le PKK et Daesh. Or, ces deux organisations se combattent mutuellement. Pour le PKK, les deux dernières attaques d'Ankara mettent fin de manière unilatéral au cessé-le-feu établi depuis 2013. «Il semblerait qu'Erdogan [le Président turc – NDLR] veuille nous faire retomber dans la guerre», estime le porte-parole du PKK en Irak, Bakhtiar Dogan. «Quand les choses atteignent ce niveau et que toutes nos positions sont bombardées, je pense que le cessez-le-feu ne signifie plus rien», ajoute-t-il.

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Côté turc, on insiste sur la continuité des négociations. «Nous allons faire perdurer le processus de paix», affirme le Premier ministre. «Mais chacun devrait savoir que nous allons utiliser la force autant que la compassion», a-t-il tenu à préciser.

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