Affaire de pédophilie à Westminster : la parole d'un député a suffi à enterrer l'enquête

Le palais de Westminster à LondresSource: Reuters
Le palais de Westminster à Londres

Un nouveau lot de documents relatifs à une affaire de sévices présumés sur des enfants, par des membres du gouvernement britannique révèle que l’enquête s’était arrêtée sur la seule déclaration d’un parlementaire.

Peter Wanless, chef de la Société nationale britannique pour la prévention de la cruauté à l'égard des enfants, qui a étudié la façon dont ces accusations avaient été prises en compte dans les  années 80, a fait savoir, l’année dernière, qu’il n’avait pas retrouvé de preuve d’une éventuelle destruction de documents liés à un supposé cercle de pédophiles au sein du gouvernement.

Cependant, de nombreux éléments de l’enquête n’ont été découverts que plus tard, en janvier 2015, par le bureau du Cabinet, le gouvernement restreint de Grande-Bretagne. Ces documents comprennent la correspondance du député Harry Cohen (de 1983 à 2010), qui avait alors accusé le secrétaire d'État à l'Intérieur, Leon Brittan de pédophilie.

Ils viennent d’être réétudiés par le cabinet d’avocats de Peter Wanless et Richard Whittam, qui ont maintenu leur conclusion sur l’absence de preuves d’une possible dissimulation de cette affaire par le gouvernement. Néanmoins, les documents révèlent un «exemple flagrant» du manque de sérieux, qui caractérisait, à cette époque, les enquêtes sur des crimes commis contre des enfants.

Selon le nouveau rapport d’enquête, les responsables de l’investigation de l’époque, l’avaient interrompue sur la seule assurance d’un député, que les accusations étaient fausses. De plus, dans une lettre adressée par le chef de MI5 Antony Duff, au secrétaire du Conseil des ministres Robert Armstrong, sont envisagés le risque d’une crise politique et le danger pour la sécurité de l’Etat, mais «le risque pour les enfants n’est même pas pris en compte», ont noté Wanless et Whittam.

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Les documents contiennent également des allusions à l’ancien secrétaire d'État à l'Intérieur Leon Brittan, l’ex-attaché parlementaire Peter Morrison, l’ancien diplomate Peter Hayman et l’ancien ministre William van Straubenzee. Tous les quatre sont aujourd’hui décédés et c’est pourquoi les informations que les documents contenaient à leur propos n’ont pas été dévoilées.

Cette affaire de sévices allégués sur des enfants, par des membres des cercles dirigeants de la Grande-Bretagne, remonte à une trentaine d’années.  Elle a surgi lorsqu’un dossier sur cette affaire a été constitué par le député Geoffrey Dickens à l’attention du secrétaire d'État à l'Intérieur de l’époque Leon Brittan (de 1983 à 1985). L’endroit où se trouve la totalité de ces documents est inconnu. C’est ce qui a fait naître le soupçon de leur possible destruction par les acteurs présumés de l’affaire.

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Cette histoire, qui a refait surface en 2013, a déclenché un vaste mouvement de contestation publique. Les protestataires réclament une nouvelle enquête, transparente cette fois, voire des arrestations et des destitutions de membres du Cabinet.

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