La colère monte aux Etats-Unis pour Sandra Bland, morte pour un clignotant

La colère des manifestants à New-York (capture IBT)
La colère des manifestants à New-York (capture IBT)

Des manifestations ont éclaté en raison de la mort en prison de Sandra Bland, une jeune Afro-américaine. Si les autorités tentent d'apaiser la situation avec la vidéo de l'arrestation, la colère reste vive, sur fond de bavure policière raciste.

C'est aux cris de «What we want, justice», «No Justice, no peace», «Stop killer cops» que des centaines de manisfestants se sont rassemblés devant la prison texane du Comté de Waller où Sandra Bland est décédée ce 13 juillet.

A New-York, à l'Union Square, ce sont les mêmes mots d'ordre de ralliement qui ont rassemblé quelques centaines de personnes. De nombreux manifestants brandissaient également des pancartes de portraits de personnes afro-américaines décédées dans les mêmes circonstances que Sandra Bland. 

Les autorités tentent d'apaiser la situation et ont ainsi confié l'enquête non pas à la police de l'Etat du Texas mais au FBI. De plus, c'est une instruction pour homicide et non pour simple décès qui a été ouverte.

En savoir plus: Etats-Unis, tensions raciales autour de la mort suspecte d'une jeune femme noire en prison

Soupçon autour de l'intégrité de la vidéo de l'arrestation 

Pourtant la colère de la famille et des manisfestants ne s'est pas apaisée, et demeure d'autant plus vive que la communication de la police semble au mieux maladroite. 

Celle-ci a d'abord fait savoir que Sandra Bland aurait déclaré aux agents qui évaluaient son état psychologique qu'elle avait tenté de se supprimer l'an dernier. Une allégation que sa famille conteste fermement, accusant dans le même temps la police de sous-entendre que Sandra Bland aurait eu des antécédents psychologiques qui pourraient étayer la piste d'un suicide.

Mais c'est la publication de la vidéo de l'arrestation de Sandra Bland qui a soulevé le plus d'interrogations, voire de suspicion. Tournée en dashcam, une caméra habituellement embarquée à bord des voitures de police, cette vidéo soulève maintes questions. 

Selon le journaliste Ben Norton, pour qui la vidéo a été sans conteste retouchée, certaines anomalies sont flagrantes: des véhicules passant dans le champ au moins quatre fois, quelques coupes qui montrent un conducteur de dépanneuse sortant de son véhicule plusieurs fois de suite sur un laps de temps d'une minute et 30 secondes environ. 

Sur cette vidéo, on voit aussi distinctement le policier sortir ce qui semble être un pistolet électrique et crier à la jeune femme: «Sortez de la voiture. Je vais vous allumer. Sortez. Maintenant!». 

La police du Texas s'est évidemment défendue d'avoir contrefait la vidéo en expliquant que ces incohérences étaient dues à des problèmes techniques inhérentes à la caméra embarquée. Dans le même temps, l'Etat du Texas a annoncé la publication prochaine d'une vidéo de surveillance de la prison où était détenue Sandra Blond montrant que personne n'était entré dans la cellule.

Le spectre des émeutes de Baltimore

La mort de Sandra Bland ravive le feu des tensions raciales mal éteintes et des bavures policières aux Etats-Unis.

Ainsi encore récemment, c'est à Chicago que Lorenzo Davis, un ancien policier afro-américain, a publiquement accusé la police de la ville du meurtre de trois civils. Chargé de l'enquête, Lorenzo Davis aurait alors refusé d'obéir à l'injonction d'inverser les conclusions de son enquête et de dédouaner la police de ces morts. Ce refus d'obéir aurait conduit, selon lui, à son éviction de la police.

Cette affaire Sandra Bland a surtout pour beaucoup comme un air de déjà-vu. En avril dernier, le déploiement massif de la garde nationale et un couvre-feu avaient dû être décrétés pour ramener le calme à Baltimore, dans l'Etat du Maryland. La raison de ces mesures extrêmes? La mort de Freddie Gray, un jeune Noir décédé le 19 avril après son interpellation musclée par la police.

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