«Œuvre d'auto-glorification» : l'installation d'une artiste française au Cameroun détruite (VIDEO)

- Avec AFP

«Œuvre d'auto-glorification» : l'installation d'une artiste française au Cameroun détruite (VIDEO)© Antoine IDIER Source: AFP
L'oeuvre de Sylvie Blocher, censée interpeller sur la colonisation française au Cameroun, avant sa destruction.

L'installation de l'artiste française Sylvie Blocher à Douala, qui visait à demander pardon pour la colonisation française au Cameroun, n'aura tenu debout qu'un seul jour. Des activistes l'ont mise à terre sous les applaudissements.

Une artiste française, dont l'oeuvre censée interpeller sur la colonisation française au Cameroun a été vandalisée le 7 décembre à Douala, a regretté la destruction de son installation, de même que les insultes à son encontre. Face aux réactions parfois «violentes» après l'érection de son installation artistique, Sylvie Blocher, dans un entretien à l'AFP, a déploré l'incident, de même que «les nombreuses critiques» dont elle a été l'objet.

«Il y a une communauté internationale de gens meurtris. Est-ce que quand on a été meurtri, il faut répondre par la violence ? Il faut répondre par l'accueil, par l'hospitalité», a estimé Sylvie Blocher.

«Œuvre d'auto-glorification» : l'installation d'une artiste française au Cameroun détruite (VIDEO)© Antoine IDIER Source: AFP
L'installation artistique de Sylvie Blocher à Douala n'aura tenu debout qu'un seul jour.

Son installation, une imposante photo d'elle-même brandissant une pancarte avec l'inscription «Bien que je n'en ai pas le droit, je vous présente mes excuses» (en français et en anglais), avait été installée le 6 décembre à un rond-point animé de la capitale économique camerounaise pour trois jours, avec l'accord des autorités locales.

Destruction de l'installation sous les applaudissements

Cette «oeuvre éphémère» a très vite suscité la polémique et, moins de 24 heures après son inauguration, a été mise à terre par un activiste, sous les applaudissements de la foule. Des images capturées par la chaîne Equinoxe Tv.

J'ai détruit cette performance artistique avec le soutien des chefs traditionnels et des populations de Douala qui n'en veulent pas. C'était une manipulation, une escroquerie

Parmi les activistes ayant fait choir l'oeuvre se trouvaient, selon le site des Observateurs de France 24, André Blaise Essama, décrit comme «un militant panafricain connu pour ses actions contre les monuments coloniaux». A un journaliste de l'AFP, celui-ci a déclaré : «J'ai détruit cette performance artistique avec le soutien des chefs traditionnels et des populations de Douala qui n'en veulent pas. C'était une manipulation, une escroquerie. C'était une œuvre d'auto-glorification.» Il a ajouté : «Madame Blocher aurait fait quelque chose de plus utile en concevant une œuvre en l'honneur de Ruben Um Nyobé», figure de la lutte pour l'indépendance camerounaise.

Une oeuvre qui visait à interpeller les dirigeants français

Pour Sylvie Blocher, son oeuvre visait pourtant à s'adresser aux Camerounais, et aussi à interpeller les dirigeants français, dont la plupart ont souvent dénié toute responsabilité de la France dans les «massacres» perpétrés au Cameroun au moment des indépendances, selon l'artiste. «Le gouvernement français doit présenter ses excuses aux [anciennes] colonies», a-t-elle répété, en particulier au Cameroun où le conflit des indépendances reste «une guerre totalement effacée des histoires officielles».

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