L'Arabie saoudite demande à ses ressortissants de quitter le Liban «le plus vite possible»

- Avec AFP

L'Arabie saoudite demande à ses ressortissants de quitter le Liban «le plus vite possible»© IBRAHIM CHALHOUB Source: AFP
Un poster du roi Salman d'Arabie saoudite dans les rues de Tripoli au Liban (image d'illustration)

Suite à la démission du Premier ministre libanais, l'Arabie saoudite a appelé ses ressortissants à quitter le Liban. Le Hezbollah accuse Riyad d'être à l'origine de cette démission et de vouloir déstabiliser le pays.

L'Arabie saoudite a appelé le 9 novembre ses ressortissants à quitter «le plus vite possible» le Liban, quelques jours après l'annonce de la démission surprise de Saad Hariri de son poste de Premier ministre, depuis Riyad.

Le ministère saoudien des Affaires étrangères, cité par l'agence officielle SPA, a également enjoint les Saoudiens à ne pas se rendre au Liban, sans pour autant évoquer de menace spécifique : «Vu la situation au Liban, le royaume demande à ses ressortissants en visite ou résidant au Liban de le quitter le plus tôt possible, et conseille à ses ressortissants de ne pas s'y rendre.»

Saad Hariri a annoncé sa démission le 4 novembre, dénonçant, dans une allocution télévisée, la «mainmise» de l'Iran et du Hezbollah sur le Liban et disant craindre pour sa vie. Une démission surprise qui a pris de court toute la classe politique libanaise et fait craindre que le pays, aux équilibres fragiles, ne plonge dans de nouvelles violences.

Une démission réclamée par l'Arabie saoudite ?

Spéculations et rumeurs vont bon train à Beyrouth sur les raisons qui ont pu motiver une telle décision du Premier ministre. Le fait d'avoir fait cette annonce depuis Riyad a notamment fait dire à de nombreux médias et responsables que Saad Hariri avait été contraint de prendre cette décision sous la pression de la maison des Saoud, et qu'il n'était pas libre de ses mouvements. Surtout que sa démission a coïncidé avec l'arrestation de dizaines de princes, de ministres et d'hommes d'affaires dans une purge sans précédent en Arabie saoudite.

Une thèse également défendue par le chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah : «Il est clair que la démission était une décision saoudienne qui a été imposée au Premier ministre Hariri. Ce n'était ni son intention, ni sa volonté, ni sa décision», a-t-il assuré lors d'un discours retransmis à la télévision le 5 novembre. Le bloc parlementaire du Hezbollah a d'ailleurs appelé Riyad à cesser ses ingérences dans les affaires internes du Liban et à ne pas entraîner le pays dans les crises qu'il traverse.

Saad Hariri, dont l'épouse et les enfants vivent en Arabie saoudite, n'a pour l'heure donné aucun indice sur un possible retour au Liban. Le président libanais Michel Aoun a pour sa part expliqué qu'il attendait son retour pour décider s'il acceptait ou non sa démission.

Ces événements interviennent dans un contexte de fortes tensions sur plusieurs dossiers entre les deux poids lourds de la région, l'Arabie saoudite sunnite, soutien traditionnel de Saad Hariri, et l'Iran chiite, grand allié du Hezbollah. Les deux puissances régionales s'opposent frontalement sur les dossiers syrien, yéménite et libanais, où elles soutiennent des camps adverses.

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