Royaume-Uni, ces jeunes Afghans menacés d'un retour vers un pays qu'ils connaissent à peine

Najib, 20 ans, seul dans un pays qu'il ne connait pas (capture BBC)
Najib, 20 ans, seul dans un pays qu'il ne connait pas (capture BBC)

Nés en Afghanistan mais grandis au Royaume-Uni, ces jeunes Afghans font face à une situation intenable pour eux. Dés l'âge de 18 ans, c'est l'expulsion vers leur pays natal toujours instable qui les attend.

Selon le droit britannique, le permis de séjour de ces Afghans est automatiquement caduque à l'approche de leur dix-huitième année. Ils peuvent donc faire l'objet d'une expulsion vers leur pays de naissance, dont ils ignorent généralement à peu près tout.

Cette situation bancale du droit d'asile britannique perdure en raison du fait que le pays ne renvoie jamais des mineurs isolés dans leur pays d'origine. Ceux-ci sont autorisés à demeurer au Royaume-Uni jusqu'à ce qu'ils atteignent l'âge de 17 ans et six mois exactement. Ensuite, l'expulsion est la règle.

Cette pratique de résidence temporaire est évidemment vivement critiquée par les associations de défense des immigrés qui soulignent que les autorités préfèrent y recourir au lieu d'étudier les possibilités d'asile permanent pour ces mineurs étrangers.

Les mineurs afghans non accompagnés sont deux fois plus susceptibles de se voir refuser l'asile que les enfants d'autres pays. Selon les chiffres officiels, 15% des enfants isolés étrangers l'obtiennent contre 6% pour les enfants afghans. Selon les chiffres, plus de 600 jeune Afghans ont été déboutés de leurs demandeurs d'asile depuis 2011. 

Le Home Office, l'organisme public chargé des questions d'immigration,  a clairement fait savoir que ces dispositions concernant le droit d'asile ne seraient en rien modifiées, même s'il assure «avoir à coeur le bien-être de chaque enfant».

Les autorités britannniques se montrent également incapables de retrouver les familles de ces jeunes adultes expulsés. Au cours des deux dernières années, 228 Afghans ont demandé à la Croix-Rouge de les aider à retrouver leur famille; seuls huit d'entre eux l'ont retrouvée.

Autre problème, leurs années passées au Royaume-Uni où ils ont été scolarisés les rendent automatiquement suspects une fois repartis en Afghanistan. En effet, leurs manières occidentales, leur accent même, font que certains ont été rapidement repérés, enlevés et rançonnés par les Talibans.

Même le gouvernement afghan s'est inquiété de cette situation et a demandé aux autorités britanniques de cesser de renvoyer ces jeunes adultes vers des régions dangereuses pour eux. Triste ironie, le gouvernement britannique lui-même conseille à ses propres citoyens de ne pas se rendre en Afghanistan en raison de la menace de terrorisme et des enlèvements fréquents.

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