Etats-Unis : la justice contraint la police à diffuser la vidéo du meurtre d’un homme non armé

Un agent du département de la police de Los Angeles Source: Reuters
Un agent du département de la police de Los Angeles

En 2013, Ricardo Diaz Zeferino était abattu par des agents de police dans la ville de Gardena alors qu’il n’était pas armé. Un tribunal vient d’obliger la police de Los Angeles de diffuser la vidéo montrant l’interpellation fatale de ce jeune homme.

Cette vidéo rendue au publique par la décision de justice, a été filmée par la caméra qui occupe les voitures de police et relance le débat sur les violences policières aux Etats-Unis. D’autant plus que les images montrent que la victime n’était pas armée.

Voilà, ce qui s’est passé exactement. Le 2 juin 2013, la police, qui a reçu un appel concernant le vol d’une bicyclette, arrête deux jeunes hommes qui se déplacent en vélo. Ces garçons étaient en fait des amis de la victime du vol et cherchaient son vélo.

Après les avoir pris pour les voleurs, le sergent Christopher Cuff leur ordonne de lever les mains en l’air. Après quoi, Ricardo Diaz Zeferino, le frère du propriétaire de la bicyclette volée, s’approche et vient à l’aide de ses amis, criant aux policiers qu’ils se sont trompés. Le sergent lui ordonne alors de reculer.

Pendent que ses deux amis restent immobiles, Ricardo Zeferino lève et baisse les bras, ce qui énerve les agents. Pour mieux leur montrer qu’il n’est pas armé, il s’avance. Et au moment où il retire sa casquette, la police ouvre le feu. Huit balles atteindront le jeune homme.

Pour leur défense, les policiers invoquent le fait qu’ils ont pensé que le jeune homme allait dégainer une arme. Mais pour les avocats de la famille du jeune homme, ce cas doit devenir un exemple de ce que la police ne doit faire. «C’est un cas exemplaire qui démontre que le département de police ne peut pas contrôler ses agents et qu’il n’y a pas de discipline ni de surveillance», a affirmé Samuel Paz, l’avocat de la famille Zeferino.

Selon Carl Dix de la coalition pour arrêter les brutalités policières, la police a toujours su que la diffusion de la vidéo lui causerait beaucoup de dommages. «C’est un développement positif que la vidéo ait, en fin de compte, été diffusée, mais soyons clairs : les autorités la possédaient depuis le début, elles savaient qu’elle causerait des dommages pour eux et qu’elle exacerberait les tensions autour d’une assassinat brutal», a poursuivi l’intéressé.

L’activiste a également souligné que ce cas était une preuve du fait que la police était déchaînée, qu’elle brutalisait, voire même tuait des gens.

Reste que ce cas n’est pas le dernier d’une longue série de meurtres d’hommes non armés par la police aux Etats-Unis. Une autre fusillade de police a eu lieu à Los Angeles en mars dernier lorsque des policiers dépêchés sur le site d’un vol ont tiré sur un sans-abri qui résistait à son interpellation.

Il a été d’abord frappé par un pistolet à impulsion électrique (taser), puis abattu après avoir prétendument cherché à prendre l’arme d’un policier.

Les agents de police portaient des caméras sur leur corps ce jour-là, mais les vidéos n’ont pas été diffusées. Seul un journaliste a pu les visionner lors d’une séance privée et, d’après lui, les officiers ont présenté une version des événements bien «éloignée de la réalité».

En savoir plus : Ras-le-bol des violences policières aux Etats-Unis (VIDEO)

 

 

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