Les Etats-Unis ont-ils fermé les yeux sur le trafic d'armes américaines vers Daesh ?

Les Etats-Unis ont-ils fermé les yeux sur le trafic d'armes américaines vers Daesh ?© Rodi Said Source: Reuters
Un soldat américain en Syrie

Un ex-responsable syrien de la base américaine d'Al-Tanf accuse les militaires américains d'avoir fermé les yeux sur la vente d'armes US à Daesh. Selon lui, le chef d’un groupe rebelle syrien affilié à l’ASL aurait fait affaire avec les terroristes.

Asaad al-Salem était chef de sécurité de la section syrienne de la base américaine d'Al-Tanf en Syrie, sur laquelle des soldats US entraînent des combattants rebelles syriens, et les forment au maniement des armements fournis par les Etats-Unis. Branche de l'Armée syrienne libre opposée aux troupes du président syrien Bachar el-Assad, le groupe rebelle auquel appartenait Asaad al-Salem se nomme Maghawir al-Thawra. Pourtant, il a récemment choisi de le quitter pour passer du côté des territoires sous contrôle du gouvernement syrien. Parmi les raisons qui l’ont poussé à le faire, explique-t-il, figure notamment l'attitude ambiguë, selon lui, des militaires américains à l'égard de Daesh.

Le commandant de notre groupe vendait des armes à Daesh

«Le commandant de notre groupe [Maghawir al-Thawra] Muhannad al-Talaа vendait des armes [américaines] aux terroristes de Daesh», a raconté Asaad al-Salem dans une interview à la chaîne russe Rossiya 24, publiée le 31 août et reprise par l'agence de presse RIA Novosti. «Quand nous avons appris cela, nous l’avons rapporté aux commandants américains de la base [d'Al-Tanf]. Mais eux, de leur côté, n’ont fait que raffermir leur soutien à cette personne […] qui faisait des affaires avec Daesh», a expliqué l’ancien combattant de l’opposition syrienne.

D’après Asaad al-Salem, parmi les armements qui seraient vendus aux terroristes, on pouvait retrouver tout ce qui était confié aux rebelles de Maghawir al-Thawra. «Des armements de production américaine : des canons anti-char, des mitrailleuses, des véhicules, et surtout des fusils M-16 et M-4 en grande quantité, après le dernier contrôle les américains avait un manque de 4 700 unités», précise l’ancien rebelle.

Asaad al-Salem explique qu'un autre élément l'a amené à revoir son jugement. Selon lui, au début les militaires américains annonçaient aux combattants de Maghawir al-Thawra qu’ils allaient participer à des opérations contre les terroristes de Daesh, alors que le groupe n’aurait en réalité jamais pris part à de telles opérations anti-terroristes. Asaad al-Salem assure au contraire que le groupe se contentait d'opérations contre l'armée syrienne. «Ils demandaient aux Syriens de faire la guerre contre l’armée de Damas. Mais des gens dignes ont refusé, en objectant que notre groupe avait été formé pour combattre Daesh et pas l’armée», raconte l'ancien rebelle.

Notre groupe avait été formé pour combattre Daesh et pas l’armée

Ces dernières semaines 101 personnes, dont 41 combattants et des membres de leurs familles, auraient quitté, comme Asaad al-Salem, la base d'Al-Tanf pour passer dans des régions contrôlées par les forces gouvernementales, selon RIA Novosti. Ils habiteraient actuellement dans un camp de réfugiés près de Damas.

Les troupes syriennes soutenues par l’aviation russe avancent actuellement sur les positions de terroristes de Daesh le long de l’Euphrate dans la province de Deir-ez-Zor, seule province syrienne encore sous contrôle de Daesh. En parallèle, les Forces démocratiques syriennes (FDS), un autre groupe soutenu par les Etats-Unis, ont annoncé le 25 août qu'elles lanceraient leur propre offensive contre les terroristes de Daesh de la province de Deir-ez-Zor «dans quelques semaines».

Près de la frontière libano-syrienne, théâtre d’une offensive de l’armée libanaise sur Daesh, un cessez-le-feu a été annoncé par le Liban le 30 août. Cette trêve est intervenue après un accord négocié entre le Hezbollah et les terroristes, qui s'est traduit par l'évacuation de centaines de djihadistes et de leurs familles vers Deir ez-Zor, au grand dam de l'Irak, dont la frontière se situe à quelques centaines de kilomètres.

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