Washington accuse la Russie de «déstabiliser» les Balkans, Moscou dénonce des «clichés primitifs»

Washington accuse la Russie de «déstabiliser» les Balkans, Moscou dénonce des «clichés primitifs»© Natalia Seliverstova Source: Sputnik
Le siège du ministère russe des Affaires étrangères à Moscou

Le ministère russe des Affaires étrangères reproche aux États-Unis, qui voient en Moscou un facteur de déstabilisation dans la région des Balkans, d'adopter un paradigme de guerre froide «totalement détaché de la réalité».

«Le 2 août, le vice-président américain Mike Pence a de nouveau fait une série de déclarations anti-russes et a voulu intimider les dirigeants des pays des Balkans, en leur parlant de la fameuse "menace russe"», a regretté le ministère russe des Affaires étrangères, via un communiqué publié le 4 août. L'administration a déclaré que le haut responsable américain, à travers ses accusations portées à l'encontre de Moscou, tentait de «redessiner les frontières dans la région».

«Washington s'enfonce de plus en plus dans les clichés primitifs de la guerre froide, poussés par une idéologie totalement détachée de la réalité», a martelé la diplomatie russe, ajoutant que les Etats-Unis voulaient imposer aux pays balkaniques des décisions qui seraient catastrophiques pour les relations entre l'Occident et la Russie.

Pour Moscou, de telles politiques conduisent «inévitablement» à un regain de tensions sur le continent européen.

Tentatives d'extension de l'OTAN dans les Balkans

Pour la diplomatie russe, les États-Unis font croire que l'adhésion à l'OTAN est le seul horizon pour les pays des Balkans et enjoint ceux-ci à participer à des projets «basés sur la concurrence déloyale» et allant à l'encontre de «toute logique économique».

Moscou a attiré l'attention sur le fait que Washington avait «poussé» le Monténégro à rejoindre l'OTAN, contre la volonté de la majorité de ses habitants. Le pays a rejoint l'Alliance militaire le 5 juin dernier, devenant ainsi son 29e membre, après un vote des députés en avril. Or, 35 députés de l'opposition, soit près de la moitié des députés du Monténégro, avaient boycotté la session parlementaire, tandis que des centaines de manifestants s'étaient rassemblés devant le Parlement avant le vote pour exprimer leur ferme opposition à l'adhésion du pays à l'organisation atlantique.

Mike Pense accuse Moscou de chercher à «redessiner les frontières»

Ces déclarations russes font écho aux remarques de Mike Pence, adressées aux dirigeants des Balkans lors d'un sommet au Monténégro le 2 août dernier.

«Comme vous le savez, la Russie continue à chercher à redessiner les frontières internationales par la force, notamment dans les Balkans. La Russie fait tout pour déstabiliser la région, saper vos démocraties et vous séparer du reste de l'Europe», avait-il déclaré, selon l'agence Associated Press.

Le vice-président des États-Unis a même accusé Moscou d'avoir orchestré le coup d'Etat avorté au Monténégro de 2016 : «Les intentions de la Russie ont été mises en évidence lorsque des agents soutenus par Moscou ont cherché à perturber les élections du Monténégro, à attaquer votre parlement et même à assassiner votre Premier ministre pour dissuader le peuple monténégrin de rejoindre l'OTAN», a déclaré le vice-président américain. En octobre 2016, pendant les élections législatives du pays, la police du Monténégro avait arrêté 20 Serbes, dont un commandant de police à la retraite, accusés de planifier des attaques armées contre des institutions d'Etat.

En novembre 2016, le procureur spécial monténégrin chargé des affaires de crime organisé Milivoje Katnic, avait accusé une «puissante organisation» d'avoir tenter d'assassiner le Premier ministre Milo Djukanovic. Il a cependant précisé qu'il n'y avait aucune preuve que les autorités russes soient directement liées à cette tentative.

En outre, en février dernier, plus de quatre mois après les élections législatives monténégrines, le journal britannique Telegraph avait publié un rapport selon lequel Moscou aurait orchestré une conspiration pour renverser le gouvernement monténégrin. Ce rapport avait provoqué l'indignation de Moscou, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov qualifiant ces allégations d'«absurdes» et «sans fondement».

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