Diplomatie russe : «Une partie des sanctions occidentales restera pour toujours»

Sergueï  Riabkov © Capture d'écran de la vidéo de RT
Sergueï Riabkov

Sergueï Riabkov, vice-ministre russe des Affaires étrangères, a confié à RT qu’il estimait que l’Occident maintiendra pour toujours les sanctions liées au rattachement de la Crimée à la Russie, soulignant que la position de Moscou ne changerait pas.

RT : Combien de temps dureront les sanctions occidentales contre la Russie et quand est-ce que la Russie lèvera son embargo sur les produits agricoles européens ?

Sergueï Riabkov (S. R.) : La réponse dépend de la façon dont l’Union européenne se comporte sur cette question. Notre position est très claire et très ferme. Nous ne sommes pas les premiers à avoir imposé des sanctions, des mesures punitives, un train de mesures à caractère économique contre un pays. Ce n’est pas le cas. Tout ce que la Russie a fait est complètement et totalement réciproque, mesuré, équilibré. Rien ne revêt un caractère provocateur. Quand l’Union européenne lèvera ses sanctions contre la Russie, je suis sûr que nous ferons de même. Les produits agricoles, ou d’autres choses que les gens réalisent qu’il manque dans leur vie, reviendront en Russie. Je ne vois aucune raison particulière de s’en préoccuper autant. A la question plus large de la levée des sanctions, il faut le demander à ceux qui les ont imposées. Nous ne sommes pas prêts à entamer un dialogue sur aucun critère concernant la levée des sanctions. Les sanctions sont des mesures illégales. Elles vont à l’encontre des obligations et du droit international. Avec une simple discussion sur un critère pour leur levée, nous ne ferions que légitimer ces sanctions. Cela pourra durer longtemps. Je crois même qu’une partie des sanctions actuelles, comme celles qui ont été imposées au prétexte du référendum qui a eu lieu l’année dernière en Crimée et à Sébastopol, restera pour toujours, parce que nous ne changerons rien à notre position sur la Crimée. Et cela n’a rien à voir avec la réalité, pour les puissances occidentales, les Etats-Unis, l’Union européenne, de croire que si la pression des sanctions perdure, la Russie changera sa politique, son cours. Ce n’est pas le cas. C’est l’une des plus grandes erreurs stratégiques qui s’est produite dans la politique étrangère actuelle des Etats-Unis et l’Union européenne.

RT : Pour le moment, le programme nucléaire iranien est également discuté. Le président Obama a dit que les chances de la conclusion d’un accord restent inférieures à 50%. Quels sont points de blocage ?

S. R. : Ce sont les mêmes qu’il y a quelques jours, à savoir le processus de levée des sanctions, la durée de l’accord, certains aspect d’une possible réintroduction des sanctions si quelque chose va mal ou si quelqu’un ne remplit pas ses obligations. Il y a des questions spécifiques qui sont liées à de possibles limitations du programme nucléaire iranien. La soi-disant annexe nucléaire de l’accord est toujours discutée. On assiste donc à des manœuvres. Les parties échangent des éléments, des changements additionnels dans leurs positions. Mais cela reste vague car à mon avis tout va se négocier par blocs et cela veut dire que le prix à payer pour chaque erreur va augmenter. Il est vraiment difficile d’évaluer ou de prévoir le jour de la fin de ces négociations. J’ai moi-même mentionné plusieurs fois ces derniers jours que le 7 juillet serait le dernier jour et qu’on n’irait pas au-delà. J’ai eu tort alors pour l’instant, je m’abstiens de mentionner un jour quelconque pour la fin de ces négociations qui peut arriver à n’importe quel mome

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