Une réponse «qui fait mal» ? Moscou envisage des représailles aux nouvelles sanctions votées aux USA

Une réponse «qui fait mal» ? Moscou envisage des représailles aux nouvelles sanctions votées aux USA© POOL New Source: Reuters
Le vice-ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Riabkov a prévenu Washington que Moscou finirait par réagir à ses actions hostiles

Après l'adoption par la chambre basse du Congrès américain de nouvelles sanctions contre la Russie, Moscou a laissé entendre qu'il réagirait si ces mesures sapant la normalisation des relations entre les deux pays étaient validées par le Sénat.

Moscou perd patience vis-à-vis de Washington après l'adoption de nouvelles sanctions contre la Russie par la chambre basse du Congrès des Etats-Unis le 25 juillet. «Les auteurs et soutiens de ce projet de loi font un pas très sérieux en direction de la destruction des perspectives de normalisation des relations avec la Russie», a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Riabkov le 26 juillet, cité par l'agence publique TASS.

Dans des propos rapportés par l'agence de presse Interfax, Sergueï Riabkov est allé plus loin, rappelant que la Russie avait prévenu les Etats-Unis à de nombreuses reprises qu'elle finirait par réagir contre ce qu'elle considère comme des actions hostiles, et assurant qu'elle était de plus en plus fatiguée de devoir faire preuve de retenue.

Le président du comité des Affaires étrangères du Conseil de la Fédération (la chambre haute du parlement russe), Constantin Kosatchev, durcit également le ton. Sur sa page Facebook le 26 juillet, le diplomate a estimé que la Russie devrait préparer une réponse «qui fait mal» en réaction aux nouvelles sanctions.

«Si l'on en juge par le vote unanime de la chambre des représentants sur les sanctions contre la Russie, l'Iran et la Corée du Nord, il ne va pas y avoir de progrès [dans les relations américano-russes]», a expliqué Konstantin Kosatchev, jugeant au contraire qu'une dégradation de la coopération bilatérale était «inévitable».

Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a par ailleurs annoncé qu'«une étude approfondie des implications de cette loi» allait être lancée afin de trouver la meilleure réponse possible. Il a ajouté que cette dernière serait certainement décidée par le président russe Vladimir Poutine. Pour l'instant, le Kremlin préfère se montrer prudent et attendre la fin du vote de la loi instaurant le durcissement des sanctions — celle-ci doit encore être votée par le Sénat américain.

Impossible pour Trump de lever les sanctions existantes ?

Le 25 juillet, la Chambre des représentants des Etats-Unis s'est prononcée à la quasi-unanimité en faveur une proposition de loi sur de nouvelles sanctions contre Moscou, Téhéran et Pyongyang. Le vote a été écrasant (419 voix contre trois), et le texte prévoit en outre un mécanisme inédit : les parlementaires s'arrogent le droit de s'interposer si jamais le président américain décidait de suspendre des sanctions existantes contre la Russie.

Le texte doit encore passer le Sénat, puis être validé par Donald Trump, qui a le pouvoir d'y mettre son veto. Mais il suffirait au Congrès de revoter à une majorité des deux tiers pour surmonter celui-ci, et il est d'usage que les présidents s'épargnent cette humiliation en apportant un soutien, même tardif, à la législation.

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