Une voiture piégée fait au moins 24 morts dans le quartier chiite de Kaboul

- Avec AFP

Une voiture piégée fait au moins 24 morts dans le quartier chiite de Kaboul© Ahmad Shuja Source: Reuters

L'explosion d'une voiture piégée a fait au moins 24 morts et plus de 40 blessés dans l'ouest de Kaboul, ciblant la communauté chiite hazara, durement touchée il y a un an par le premier attentat de Daesh au cœur de la capitale afghane.

Selon le ministère irakien de l'Intérieur, «24 personnes ont été tuées et 42 blessées dans l'attentat de ce matin [24 juillet] à Kaboul».

«La voiture piégée s'est jetée contre un autobus transportant des employés du ministère des Mines», a déclaré le porte-parole du ministère, Najib Danish, à l'AFP.

L'explosion s'est produite peu avant 7h (heure locale) dans un quartier à majorité chiite particulièrement animé de Kaboul, où sont installés de nombreux clubs de sport, universités et instituts, des échoppes ainsi que des «wedding halls», ces immenses salles dont les Afghans raffolent pour célébrer les mariages.

Une épaisse colonne de fumée noire s'est élevée dans le ciel après l'explosion.

Un photographe de l'AFP qui s'est rendu sur les lieux a assisté au ballet des ambulances et vu plusieurs blessés être emportés par des taxis ou des voitures privées.

Tenu à distance par un important cordon de sécurité, il a pu apercevoir l'autobus entièrement calciné, à proximité du ministère dont il acheminait les employés. Les premières images montrent des échoppes éventrées, une rue jonchée de débris, des arbres mutilés.

Les victimes sont apparemment des civils, dont des étudiants qui se rendaient tôt à leur université en cette période d'examen, mais aussi des gardes de sécurité protégeant la résidence d'un des principaux leaders de la commuanauté hazara et membre du Parlement Mohammad Moqaqeq, selon son porte-parole Omid Maisom, joint par l'AFP.

Selon Omid Maisom, «la voiture a explosé devant le premier point de contrôle de la résidence de Mohammad Moqaqeq, faisant des morts et des blessés parmi les gardes et les civils».

«Nous pensons qu'elle voulait atteindre la maison de Mohammad Moqaqeq, mais nos gardes l'ont arrêtée», a-il rapporté.

La communauté hazara, minorité chiite de quelque trois millions d'habitants, longtemps discriminée et marginalisée, est connue pour être l'une des plus ouvertes du pays, notamment envers les droits des femmes.

Le 23 juillet 2016, une attaque contre une manifestation de cette communauté avait fait 84 morts et plus de 300 blessés au cœur de Kaboul.

C'était le premier attentat revendiqué par l'organisation terroriste sunnite Daesh au cœur de la capitale afghane.

Depuis, Daesh, qui gagne du terrain dans le nord de l'Afghanistan, a frappé à plusieurs reprises les mosquées et rassemblements chiites du pays, notamment à Kaboul et Mazar-i-Sharif, en octobre 2016 lors des grandes célébrations d'Achourah, la principale commémoration religieuse de la communauté. Et plus récemment, le 16 juin, lors de la «Nuit du Destin», à la fin du Ramadan.

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