«Où sont les gardiens du temple ?» : un présentateur de Fox News dénonce la partialité des médias US

«Où sont les gardiens du temple ?» : un présentateur de Fox News dénonce la partialité des médias US
Capture d'écran YouTube/©Fox News, DR

Le licenciement de trois journalistes de CNN pour un article insuffisamment étayé contre la Russie, puis la mise en ligne d'une vidéo compromettante pour la chaîne, n'ont pas reçu beaucoup d'écho médiatique aux Etats-Unis. Fox News s'en est ému.

Le retrait par CNN le 24 juin 2017 d'un article fautif au sujet de la collusion supposée entre la Russie et l'équipe de campagne de Donald Trump lors de la campagne présidentielle, n'a pas échappé à la chaîne d'information continue Fox News. Selon Tucker Carlson, animateur du média conservateur qui se prête à l'exercice du billet d'humeur, Fox News serait même la seule à en avoir parlé... en dehors du média public russe Sputnik News, dès le jour même. «Aucun organe de presse n'a [alors] relayé l'information», explique-t-il, «au final, cela a été révélé par un truc [sic] qui s'appelle Sputnik News, un média complètement russe». Et de déplorer : «Alors la question est : où sont les gardiens du temple dans notre propre presse [américaine] ?»

De fait, un certain nombre de grands médias américains ont traité cette affaire, comme CNBC, le 27 juin, ou, entre autres, le Los Angeles Times, ce 28 juin, mais seulement plusieurs jours après Sputnik, à l'occasion du licenciement de trois journalistes par CNN, jugés responsables de la publication de l'article.

Le 22 juin 2017, le site de CNN avait publié un article alléguant qu'un conseiller de Donald Trump, Anthony Scaramucci, était entré en contact avec le PDG d'un fond souverain russe lors du Forum économique de Davos en janvier 2016. Le but de la prise de contact aurait été de favoriser une levée des sanctions contre la Russie, selon l'auteur de l'article. Mais, en raison de l'absence de preuves concrètes, et les personnes citées dans l'article fautif ayant démenti les suppositions, la rédaction en chef de CNN avait décidé de retirer l'article de son site.

L'«ingérence russe» comme priorité de la ligne éditoriale de CNN ?

L'animateur de Fox News est également revenu sur une vidéo tournée en caméra cachée, ou un producteur de CNN, John Bonifield, admet à son insu que son employeur pousserait les journalistes à traiter de la supposée collusion entre Donald Trump – ou son entourage – et la Russie. «Alors pourquoi CNN fait genre : la Russie ceci... la Russie cela...», confiait John Bonifield piégé par un activiste, James O'Keefe, «c'est pour l'audience. Elle est incroyable en ce moment».

«Mon boss, continue John Bonifield, il était genre : "Je veux juste que tu saches ce qu'on ne veut pas ici. Bien joué pour le retrait de Trump des accords sur le climat de Paris. Mais maintenant c'est bon, revenons à la Russie"». Le PDG de CNN ? relance James O'Keefe. «Oui».

«Qu'importe que l'histoire de base soit fausse si elle peut servir de diversion contre d'autres événements qui ont, eux, réellement lieu dans le monde», rebondit l'animateur de Fox News Tucker Carlson.

CNN a finalement réagi le 27 juin 2017, sans pour autant répondre sur le fond : «La diversité des opinions est ce qui fait la force de CNN. Nous nous en réjouissons et l'acceptons». «La diversité ?», s'interroge Tucker Carlson, «c'est exactement ce qui manque aux médias en ce moment». Chaque journaliste faisant entendre une voix différente du story telling dominant, est qualifié de «collaborateur» avec l'ennemi, conclut-t-il.

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