Maroc, deux femmes accusées de porter des jupes trop courtes devant un tribunal

Manisfestations de soutien de femmes marocaines (capture Le Maroc Aujourd'hui)
Manisfestations de soutien de femmes marocaines (capture Le Maroc Aujourd'hui)

Elles espèrent être relaxées de l'accusation d'attentat à la pudeur. Tout avait commencé pour elles en raison d'une simple jupe jugée trop courte. Ce simple bout de tissu avait pourtant amené ces deux Marocaines devant un tribunal.

D'après le code pénal, elles risquaient jusqu'à deux ans de prison, selon les dispositions de l'article 483 du code pénal.

Leur procès a commencé ce 6 juillet et le verdict ne sera rendu que le 13 juillet. 

Vêtues de robes, elles avaient traversé, le 16 juin dernier, le souk d'Inezgane, ville située près d'Agadir. Certains commerçants ont alors jugé leur tenue indécente et les ont molestées. Elles ont vite été obligées de se réfugier dans une boutique, en attendant la police. Mais  de victimes, elles sont devenues accusées et ont été poursuivies pour attentat à la pudeur.

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Ces deux jeunes femmes ont reçu le soutien d'une partie de la société civile marocaine qui réclamait l'arrêt des poursuites. Plusieurs rassemblements de soutien ont eu lieu ces dernières semaines à Rabat et Casablanca, avec pour mot d'ordre: «Porter une jupe n'est pas un crime». 

Sur Internet, une pétition de soutien avait déjà recueilli près de 25 000 signatures. Une page Facebook a également été créée qui a rassemblé plus de 13.000 personnes. Une «Journée nationale pour «nos libertés individuelles» a été organisée ce 6 juillet dans plusieurs villes du royaume dont Rabat, Casablanca ou Marrakech. 

Selon la Fédération de la Ligue démocratique des droits des femmes (FLLDF), la poursuite de ces deux jeunes femmes constitue une grave atteinte aux droits et libertés individuelles des femmes.

Cette affaire intervient alors que plusieurs affaires liées aux moeurs dans unj Royaume qui reste très conservateur sur le sujet. Ainsi, à Fès, un jeune homme a été littéralement tabassé par une foule en raison d'une homosexualité supposée. Deux homosexuels ont notamment été condamnés en mai dernier à quatre mois de prison ferme pour «outrage public à la pudeur» et «acte contre nature avec un individu du même sexe».

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