Frappes françaises et américaines contre Daesh en Syrie : six civils perdent la vie

Les frappes aériennes de la coalitions ont fait 22 morts dont six civils.© Murad SezerSource: Reuters
Les frappes aériennes de la coalitions ont fait 22 morts dont six civils.

La coalition emmenée par les États-Unis, qui combat les djihadistes de Daesh, a mené une série de seize frappes aériennes contre Raqa, la capitale de facto de l’État Islamique (EI) en Syrie.

«[C'est] l'un des plus importants engagements que nous ayons mené jusqu'à présent en Syrie». Ainsi s'est exprimé le porte-parole de la coalition, le lieutenant-colonel Thomas Gilleran. Avec un total de seize frappes, les membres de groupement militaire dirigés par les États-Unis ont en effet montré de la puissance de feu. Si la démarche a été efficace, détruisant des bâtiments de l'EI et des routes et tuant plus d'une vingtaine de djihadistes, des dommages collatéraux sont à déplorer. En premier lieu : des civils.

D'après l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme (OSDH), ils sont six civils à avoir perdu la vie. Parmi eux, un enfant. La ville de Raqa, si elle est devenue la capitale stratégique des combattants de l'EI, n'en est pas moins une ville habitée. La coalition, en menant des frappes de large envergure, n'est pas parvenue à ne cibler que les militants de l'organisation terroriste.

On fait assez peu de cas de ces civils, dans l'état major de la coalition. 22 combattants de l'EI ont également péri et des points stratégiques, notamment pour le ravitaillement de Daesh depuis ses lignes extérieurs ont été détruits. «Les frappes ont été menées pour priver Daesh de la capacité de déplacer des matériels militaires à travers la Syrie et en direction de l'Irak», explique encore le porte-parole de la coalition».

Les civils : premières victimes des deux camps

Ces frappes sont intervenus dans la soirée du dimanche 5 juillet 2015. Le matin-même, l'organisation terroriste avait diffusé depuis son compte twitter une vidéo effroyable. Y était mise en scène l'exécution de 25 soldats de l'armée syrienne, perpétrée par des combattants de l'EI dont certains semblaient être des enfants. Les images avaient été filmées dans les ruines de la ville de Palmyre, plus précisément au sein du célèbre amphithéâtre romain. Sur les gradins de l'édifice, des familles assistaient à la scène. Un acte de barbarie qui était donc aussi un acte de terreur.

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D'un point de vue général, les populations civiles sont des cibles pour l'EI. Le 25 juin, un détachement de combattants avaient occupé, deux jours durant, la ville stratégique de Kobané, depuis reprises par les miliciens kurdes. Ils y avaient perpétré un massacre, faisant passer 154 civils de vie à trépas.

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Si Daesh commet des massacres pour des raisons de terreur, la coalition occidentale, dont les États-Unis ont pris la tête, n'est pas avare en terme de morts de civils. Les six victimes des dernières frappes viennent s'additionner aux nombreux autres «dommages collatéraux» ayant perdu la vie dans des attaques de la coalition. Le 1er mai 2015, l'OSDH dénombraient 52 morts dans les rangs des civils. Les armées française et américaine avaient mené des frappes aériennes contre le village de Birmahlé, dans la province d'Alep. D'après le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, sept enfants faisaient parti des victimes et treize personnes étaient portées disparus. Une opération militaire dont la valeur stratégique s'est du reste avérée nulle : il n'y aurait eu «ni positions de l'EI, ni combat», d'après Rami Abdel Rahmane.

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Déchirée entre Daesh, la coalition internationale, les rebelles syriens et les troupes gouvernementales de Bachar Al-Assad, la population syrienne civile est, dans les faits, la première victime des multiples conflits engendrés par la révolution syrienne. Chiffre révélateur, ils représentent aujourd'hui la première communauté de réfugiés au monde, avec 4,27 millions de civils ayant fuit le pays, d'après un décompte datant du mois de janvier 2015.

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