Nicolas Sarkozy accusé par Sepp Blatter d'intervention sur les votes de la FIFA pour le Qatar

Des activistes protestent, au 65è congrès de la FIFA, contre la politique Qatari sur les migrants© Arnd WiegmannSource: Reuters
Des activistes protestent, au 65è congrès de la FIFA, contre la politique Qatari sur les migrants

Alors qu'il s'exprimait sur les soupçons de corruption qui pèsent sur lui, le président démissionnaire de la FIFA a proféré des accusations à l'encontre, entre autre, de Nicolas Sarkozy.

Nicolas Sarkozy a-t-il usé de son influence pour l'attribution des coupes du Monde 2018 et 2022 ? C'est en tout cas qu'affirme Sepp Blatter, l'ancien président de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA). Interviewé le journal allemand Welt am Sonntag, Blatter a accusé l'ancien président de la république française, et son homologue allemand Christian Wulff d'avoir fait pression sur les représentants de leurs pays respectifs à la FIFA. Le but : faire pencher la balance en faveur de la Russie (dans le cadre de la coupe du monde 2018) et du Qatar (2022).

«Il y a eu deux interventions d'ordre politique avant que la décision de soit prise en faveur de la Russie et du Qatar. Celles de Nicolas Sarkozy, l'ancien président de la France, et celle de Christian Wulff, l'ex-président fédéral allemand. Ils ont chacun essayé d'influencer leurs représentants à la FIFA», affirme l'ancien homme fort de la fédération, avant d'ajouter : «c'est pourquoi, aujourd'hui, nous allons avoir une Coupe du monde au Qatar. Ils ont œuvré pour que cela se fasse et ils doivent en endosser la responsabilité.»

Ne pas tomber seul

Ces accusations interviennent alors que la FIFA est touché par un scandale d'une ampleur internationale. Une enquête émanant des États-Unis a mis en lumière des faits de corruption et de détournement de fonds dont les sommes atteignent les 150 millions d'euros et les activités s'étendent sur 24 ans. Des révélations qui ont conduit à l'arrestation de plusieurs cadres de la fédération et à la démission du son président, Sepp Blatter, alors qu'il venait d'être réélu. Éclaboussé par le scandale, celui-ci est partiellement protégé de la justice américaine, ne pouvant être extradé de son pays d'origine : la Suisse.

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S'il tombe, Sepp Blatter ne tombera pas seul. Avec ces accusations, il soulève des questionnements autant sur l'influence des classes politiques dans le vote des représentants nationaux à la FIFA, que sur la légitimité, déjà remise en question, du déroulé de la Coupe du monde au Qatar. D'après le Suisse, l'ancien président allemand, Christian Wulff, aurait poussé la fédération allemande de football (DFB) à voter en faveur du Qatar «pour des intérêts économiques». Une affirmation que ne confirme pas les dires des représentants de la DFB, dont le vote n'a jamais été dévoilé.

La Coupe du monde 2022 au Qatar était une décision extrêmement controversée, notamment par les observateurs des droits de l'homme qui avaient fait grand cas des conditions dans lesquelles étaient construits les stades qui devront accueillir les matches. Des migrants, originaires du Népal, du Bangladesh ou encore de l'Inde sont employés à cette tâche, dans des conditions dénoncées pour les défenseurs des droits de l'homme pour être «proches de l'esclavagisme». Sepp Blatter refuse la responsabilité de ce choix et enfonce le clou de ses accusations : «regardez les entreprises allemandes», insiste-t-il : «Deutsche Bahn, Hochtief et bien d'autres avaient des projets avec le Qatar avant même que la Coupe du Monde ne soit attribuée». Une manière de pointer du doigt les intérêts économiques de l'Allemagne, mais aussi de la France, dans l'attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar.

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