Mélenchon : "Les parlementaires français seraient bien inspirés d'imiter ceux de Grèce"

Jean-Luc Mélenchon (G), Alexis Tsipras (C) et Pierre Laurent (D) à l'Assemblée Nationale, à Paris.© Gonzalo Fuentes Source: Reuters
Jean-Luc Mélenchon (G), Alexis Tsipras (C) et Pierre Laurent (D) à l'Assemblée Nationale, à Paris.

Des représentants de l'extrême gauche se ont successivement exprimés, dimanche 5 juillet, alors que les Grecs votent aujourd'hui pour ou contre le plan d'aide des créanciers.

C'est Jean-Luc Mélenchon qui a ouvert le bal, bientôt suivi par Pierre Laurent. Le secrétaire général du Front de Gauche s'est exprimé publiquement pour prévenir toute volonté de sortir la Grèce de l'euro, en anticipation du référendum grec (le «Gréférendum») dont les résultats seront connus ce soir. «Que ce soit ''oui'' ou que ce soit ''non'' en Grèce, la France doit empêcher l'expulsion de la Grèce de l'Union Européenne et de la zone euro», a-t-il déclaré, ajoutant que le sauvetage de la péninsule hellénique signifiait «reformuler les conditions de survie à l'intérieur de ces deux entités qui permettent à la Grèce de vivre».

Pour le leader du Front de Gauche, parti eurosceptique, de tels propos sont suffisamment rares pour être remarqués. Le député européen a évoqué la souveraineté grecque, dont les fondements ont été abîmés par les réformes souvent imposés par Bruxelles. «La souveraineté nationale, c'est la souveraineté populaire. La République fonde la Nation, rien n'est au dessus du droit du peuple», a-t-il précisé.

Jean-Luc Mélenchon a également fustigé la France, dont la dette, si elle n'est pas comparable à celle de la Grèce, représente néanmoins 97,5% du PIB (celle de la Grèce s'élevant à 180%). «Les parlementaire français seraient bien inspiré d'imiter ceux de Grèce […] pour vérifier si la dette de la France a bien été consentie dans des conditions conformes à la loi et à la Constitution».

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Après Jean-Luc Mélenchon, c'est Pierre Laurent, secrétaire national du Parti Communiste (PC) qui s'est exprimé sur la question, en marge du congrès de Parti de Gauche auquel il rendait une «visite d'amitié». Au centre de son propos : le président de la république François Hollande, dont il estime l'action vis-à-vis de la Grèce insuffisante. «Je ne pense pas que le président de la République ait joué son rôle», a-t-il annoncé, estimant qu'il «aurait du, au nom de la France, s'opposer à ce coup de force et dire extrêmement clairement qu'il refusait toute solution de mise au ban de la Grèce et de son gouvernement».

Pour le sénateur de Paris, l'inaction gouvernementale est récurrente en Europe où la voix de la France ne se fait plus entendre, estime-t-il. «Une fois de plus, la France a manqué de la voix forte qu'on attend d'elle. C'est dommage pour la France, c'est dommage pour la Grèce, pour l'Europe» a-t-il affirmé, avant de porter le coup de grâce : «l'écrasante majorité des Français pense que l'influence de François Hollande est nulle sur les décisions européennes : c'est malheureusement l'image que renvoit la mollesse du président de la République qui est sanctionnée par les Français».

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