Des milliers de Marocains manifestent contre le gouvernement dans le centre de Rabat

Des milliers des personnes se sont réunies dans le centre de Rabat pour manifester contre la politique du gouvernement marocain. Ils réclament la libération d'une centaine d’activistes, militants et soutiens du mouvement populaire Hirak.

Le 11 juin, la capitale marocaine connaît une nouvelle manifestation nationale à laquelle participent de nombreuses mouvances solidaires du Hirak, dont le mouvement islamiste non autorisé mais toléré, Al Adl Wal Ihssane.

Le cortège s'étendait sur près d'un kilomètre, sur l'avenue Mohamed VI, principale artère de la capitale, jusqu'à la place Bab el-Had, à la lisière de la médina. Une source au ministère de l'Intérieur a fait état de 12 000 à 15 000 participants.

«Vive le peuple», «Liberté, dignité, justice sociale», «Libérez les prisonniers», scandaient les manifestants, qui pour la plupart marchaient en rang, disciplinés et reprenant les slogans crachés dans les micros des sonos.

De nombreux drapeaux berbères et quelques oriflammes marocains flottaient au vent. Beaucoup de marcheurs brandissaient à bout de bras le portrait de Nasser Zefzafi, leader emprisonné du «hirak», le mouvement de contestation populaire qui agite depuis sept mois la région du Rif.

Son père ainsi que d'autres familles de détenus ont pris un moment la tête de la manifestation, qui se voulait une marche «nationale» de «solidarité» avec le Rif et «contre la hogra».

Selon les islamistes de Justice et bienfaisance [interdits mais tolérés par les autorités], l'une des organisations à l'origine du rassemblement, «ils étaient un million à prendre part à cette marche historique».

Sur les réseaux sociaux, des journalistes marocains indépendants ont estimé la participation à «plusieurs dizaines de milliers» de personnes.

Plusieurs organisations avaient appelé à ce rassemblement : Justice et bienfaisance, mais également des partis de gauche et d'extrême gauche, des militants de la cause amazigh et activistes du 20 février, fer de lance de la version marocaine des Printemps arabes en 2011.

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Les islamistes étaient largement majoritaires dans le cortège, les hommes d'un côté, les femmes de l'autre. Les forces de l'ordre étaient très peu visibles, et la manifestation, débutée vers 12h (heures locales) s'est achevée plus de deux heures plus tard sans le moindre incident.

Après sept mois de contestation dans la province d'Al-Hoceïma, les autorités ont mené localement une vague d'arrestations depuis quinze jours visant le noyau dur du mouvement, justifiée selon elles par la nécessité de «faire respecter la loi».

Selon les derniers chiffres officiels, 86 personnes ont à ce jour été présentées à la justice, dont une trentaine ont été placées en détention préventive, accusées de lourdes charges, et notamment «d'atteinte à la sécurité intérieure».

Dans la rue, les manifestations se poursuivent depuis quinze jours à un rythme quotidien à Al-Hoceïma, ainsi que dans la localité voisine d'Imzouren, autre haut-lieu de la contestation.

Elles ont lieu de nuit pour cause de ramadan, et se déroulent la plupart du temps sans incident, mais parfois dans un climat de vive tension alors que la police, omniprésente, tente de prévenir tout rassemblement.

Ces derniers mois, des sit-in et rassemblements de soutien ont eu lieu dans d'autres localités du Nord, et plus marginalement dans d'autres villes du royaume.

Mais la manifestation pro-«hirak» de ce dimanche est la première d'une telle ampleur hors de la province, tandis que les rassemblements de plus de 10 000 personnes sont rares dans la capitale. Elle intervient alors que la mobilisation dans le Rif ne faiblit pas, et que la fermeté affichée par l'exécutif est contestée par la classe politique.

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