«Oui» ou «Non» : l’heure cruciale est arrivée pour la Grèce

Le référendum en GrèceSource: Reuters
Le référendum en Grèce

Les portes des bureaux de vote ont ouvert pour que les Grecs puissent faire leur choix – accepter ou non le programme sur la dette grecque proposé par la troïka et l’UE. Alors que les grecs étaient divisés, l’Allemagne s'est montrée plus conciliante.

«Est-ce que l’accord-cadre proposé par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international dans le cadre de l’Eurogroupe le 25 juin 2015, consistant de deux parties qui ensemble forment une proposition unifiée doit être accepté ? » - c’est la seule question, mais de grande importance, à laquelle ont répondu environ 10 millions de Grecs.

Pour ce faire, les bureaux de vote ont ouvert à 06h00 (heure de Paris) et fermé à 18h00 – c’est là où le sort de la Grèce au sein de la zone euro et, probablement, dans l’Union européenne a été décidée. Pour que le scrutin soit légal, une participation de 40% est nécessaire.

La situation est complexe et le peuple grec se trouve vraiment divisé en deux : selon le sondage du journal grec To Ethnos deux jours avant le référendum, 41,5% des Grecs diraient «Oui» aux propositions de la troïka qui demande plus de réductions budgétaires et de réformes restrictives de la part du gouvernement grec, tandis que 40,2% de la population veut mettre fin à la politique d’austérité qui a plongé le pays et ses habitants dans un chaos économique ces sept dernières années.

Le «Oui» signifierait pour la Grèce que tous les efforts du nouveau gouvernement grec issu du parti anti-austérité Syriza, formé en janvier, sont réduits à néant, et la Grèce devra accepter des restrictions plus grandes encore pour alléger sa dette qui a atteint 177% de son PIB annuel. Mais ce qui attire les partisans de «Oui» – c’est que le pays demeurera dans la zone euro et dans l’Union européenne malgré les souffrances qui attendent les simples Grecs après les nouvelles réductions des pensions et des allocations. Il est possible que le gouvernement grec démissionne si le «Oui» l’emporte.

Les supporteurs du «Non», auquel appelle le gouvernement grec, refuse un tel état de fait et ont envie de se débarrasser des mesures d’austérité qui représentent un lourd fardeau pour la population du pays et qui n’ont rien réglé. Ce choix livrera la Grèce dans une grande incertitude, car le pays fera très probablement faillite à cause de l’impossibilité de payer les tranches de sa dette aux créanciers. De plus, le pays ferait face à une probable sortie de l’Union européenne si les Grecs disent «Non». 

Mais d’après les experts, le retour à la drachme pourrait aider à stabiliser l’économie du pays. Bernard Lietaer, le co-fondateur de l’euro, estime que même l’existence de deux monnaies dans un pays est possible – l’euro pour les affaires et la drachme pour la vie courante.

En commentant la question si la Grèce est capable de faire face à la sortie de la zone euro et à se remettre sur pied, l’expert a cité l’exemple de l’Islande dont personne ne parle aujourd’hui. Pourquoi ? «Parce qu’ils n’ont pas fait ce que les fonctionnaires les obligeaient à faire», pense Bernard Lietaer. L’Islande a permis aux banques de faire faillite, a emprisonné les banquiers et maintenant elle travaille sur la question d’une la monnaie produite par le gouvernement. «C’est une toute autre solution, mais pour les médias c’est un tabou».

L’Allemagne change sa position ?

En ce qui concerne la transition à la drachme, l’un des critiques les plus fervents des actions du gouvernement grec, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble estime dans une interview au journal allemand Bild que le choix pour la Grèce est de rester dans la zone euro et d’être «temporairement sans l’euro».

Au final Wolfgang Schäuble a même pris une position beaucoup plus conciliante envers la Grèce et a dit que l’Allemagne «n’abandonnera pas les Grecs» ce qui est étonnant d’entendre de la part du responsable qui a dit à de nombreuses reprises que l’UE ne cédera pas à la Grèce.

Sa déclaration a été faite après que son homologue grec Yanis Varoufakis a qualifié les actions des créanciers de «terrorisme». «Ce qu’ils font avec la Grèce a son propre nom : terrorisme», a dit Varoufakis au quotidien espagnol El Mundo. Pourquoi ils nous ont forcés à fermer les banques ? Pour effrayer les habitants. Et quand on sème la terreur cela s’appelle «terrorisme». Varoufakis a dit que d’après lui, Bruxelles et la troïka des prêteurs veulent que les gens disent «Oui» aux conditions de l’aide financière pour pouvoir «humilier les Grecs».

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