Washington exige des demandeurs de visas leur identité sur les réseaux sociaux

- Avec AFP

Washington exige des demandeurs de visas leur identité sur les réseaux sociaux © John Moore Source: AFP
Le resserrement des contrôles aux Etats-Unis est en vigueur depuis le 25 mai

Depuis fin mai, les Etats-Unis exigent des personnes qui veulent obtenir un visa des informations sur leur identité et leurs comptes sur les réseaux sociaux, quelle que soit leur nationalité, afin d'identifier de potentielles menaces.

«Le département d'Etat a commencé à collecter des informations supplémentaires pour les demandeurs de visas du monde entier quand un officier consulaire estime qu'une telle information est nécessaire pour confirmer une identité. Dans ce cas de figure, des demandeurs de visas devront fournir des informations supplémentaires, notamment leurs comptes sur les réseaux sociaux, les numéros de leurs anciens passeports, des informations supplémentaires sur les membres de leur famille et un historique plus long de leurs voyages, emplois et contacts», a confié à l’AFP un responsable du département d'Etat.

Ce cadre a ajouté que ce resserrement des contrôles était en vigueur depuis le 25 mai. Il a toutefois estimé que seul 1% des 13 millions de personnes dans le monde entier, qui demandent chaque année un visa pour se rendre aux Etats-Unis, sera affecté par ces nouvelles règles.

Ces nouvelles procédures, sur lesquelles le département d'Etat n'a pas officiellement communiqué, découlent d'un mémorandum du 6 mars 2017 du président américain Donald Trump sur le renforcement des contrôles pour les demandes de visas, selon le responsable.

Un formulaire du ministère – intitulé «DS-5535-Questions supplémentaires pour les demandeurs de visa» et facilement téléchargeable – contient effectivement plusieurs sections supplémentaires, notamment la nécessité de fournir les noms et les comptes de réseaux sociaux éventuellement utilisés.

Risque de discrimination ?

Aucune marque de plateformes d'échange et de partage de contenus, à l'instar de Twitter, Facebook ou Instagram, ne figure sur ce formulaire.

Interrogé sur les risques de discrimination, le cadre du département d'Etat a répondu : «En vertu de la législation des Etats-Unis, il n'y a aucune inéligibilité de visa fondée sur la race, la religion, l'ethnie, l'origine nationale, les opinions politiques, le genre ou l'orientation sexuelle.»

Ces procédures plus strictes s'inscrivent dans le cadre d'une politique migratoire et de visas que l'administration Trump entend durcir. Le 1er juin, l'exécutif américain a saisi la Cour suprême afin qu'elle rétablisse son décret migratoire, dénoncé par ses détracteurs comme «anti-musulman» et suspendu depuis fin mai par la justice.

Fraîchement investi de ses nouvelles fonctions, le 20 janvier, le président Trump avait pris un décret interdisant l'entrée aux Etats-Unis de réfugiés syriens pour une durée illimitée, de tous les réfugiés d'autres pays pour 120 jours et des ressortissants de sept pays à majorité musulmane (Iran, Irak, Libye, Somalie, Syrie, Soudan et Yémen) pour 90 jours. 

Mais ce premier décret, qui avait soulevé un tollé aux Etats-Unis et dans le monde, avait été rapidement suspendu par plusieurs juges américains.

L'administration Trump avait alors présenté en mars une seconde mouture de ce décret : l'Irak avait disparu de la liste et l'interdiction permanente des réfugiés syriens avait été supprimée. Ce deuxième décret avait lui aussi été suspendu par deux juges fédéraux, dans le Maryland et à Hawaï, entraînant la saisie de deux cours d'appel, dont celle de Virginie, laquelle avait confirmé sa supension le 25 mai.

En outre, le président républicain a signé mi-avril un décret qui vise à réformer l'attribution des visas H-1B très prisés des entreprises technologiques de la Silicon Valley, notamment pour embaucher des scientifiques, ingénieurs et programmeurs informatiques indiens.

Lire aussi : Immigration : Facebook, Twitter, Google et Netflix dénoncent le décret Trump devant la justice

Enfin, certains républicains – majoritaires au Congrès – avaient renouvelé début mai les critiques contre le programme d'exemptions de visas dont bénéficient nombre de pays européens, dont la France, inquiets que des djihadistes puissent entrer facilement aux Etats-Unis alors même qu'il avait déjà été durci par l'administration Obama.

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