Poutine à Merkel : la Russie n'a jamais interféré dans les processus politiques d'autres pays

Poutine à Merkel : la Russie n'a jamais interféré dans les processus politiques d'autres pays
Photo ©Aleksey Nikolskyi / Sputnik

Vladimir Poutine et Angela Merkel ont confronté leurs analyses divergentes de la crise ukrainienne lors d'une rencontre à Sotchi. Ils ont aussi abordé la Syrie et la question de l'«ingérence» russe dans les processus électoraux.

Lors d'une conférence de presse, le 2 mai à Sotchi, en compagnie de la chancelière allemande Angela Merkel, Vladimir Poutine a de nouveau rejeté les allégations selon lesquelles la Russie aurait interféré dans l'élection présidentielle américaine en 2016. «Nous n'intervenons jamais dans la vie politique des autres pays et nous ne voulons pas que quiconque interfère dans notre politique intérieure comme dans notre politique étrangère», a ainsi martelé Vladimir Poutine, en réponse à la question d'un journaliste. Et de préciser : «Malheureusement, ce que nous voyons, c'est le contraire. Nous constatons des tentatives d'interférence dans le processus politique de la Russie depuis très longtemps.»

Ce à quoi la chancelière allemande, candidate aux élections législatives allemandes de septembre 2017, a répondu qu'elle n'était pas une «personne anxieuse». «Je me battrai sur la base de mes convictions», a-t-elle assuré, ajoutant que l'Allemagne était prête à faire face à toute tentative de désinformation. «Nous savons que la cybercriminalité est un enjeu international», a-t-elle poursuivi, dans un glissement rhétorique de l'information vers le piratage informatique. Elle s'est toutefois dite confiante dans le fait que l'élection allemande ne serait pas touchée.

Enquête indépendante sur l'attaque présumée de Khan Cheikhoun

La rencontre des deux dirigeants a également été l'occasion de faire le point sur la guerre en Syrie et sur l'attaque au gaz chimique présumée de Khan Cheikhoun le 4 avril 2017. Le chef de l'Etat russe a ainsi réaffirmé sa volonté de voir les coupables de cet incident chimique «retrouvés et punis». La Russie condamne l'utilisation des armes chimiques et réclame la tenue d'une enquête indépendante, a par ailleurs rappelé Vladimir Poutine.

Le 28 avril dernier, le ministère russe des Affaires étrangères avait passé au crible le rapport de la France – à charge contre le gouvernement de Damas – et en avait pointé, selon lui, les nombreuses incohérences. Moscou s'interroge notamment sur les conditions dans lesquelles le renseignement français s'était procuré des échantillons et des munitions dans une zone contrôlée par des «rebelles» djihadistes.

La diplomatie russe avait par ailleurs rappelé que l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), organisation internationale indépendante, avait confirmé que les installations syriennes en mesure de produire du gaz sarin avaient été démantelées.

Révolution de Maïdan en Ukraine : un «coup d'Etat»

Vladimir Poutine a par ailleurs maintenu l'analyse russe des événements en Ukraine, rappelant que le conflit dans l'Est du pays, le Donbass, était le résultat d'un «coup d'Etat» à Kiev en février 2014. «Personne n'a séparé le Donbass de l'Ukraine sinon les autorités ukrainiennes elles-mêmes, au moyen d'un blocus», a estimé Vladimir Poutine, battant en brèche la théorie d'une intervention russe en Ukraine.

Sur le sujet, Angela Merkel a rappelé les divergences entre la Russie et les Occidentaux, notamment sur l'attribution de la responsabilité des échecs successifs de cessez-le-feu ou de trêve. «Encore et encore il nous faut dire que nous avons besoin d’une trêve et ensuite suivront les démarches politiques […] La trêve bien entendu a une importance fondamentale», a déclaré la chancelière allemande, alors que deux ans après la signature des accords de Minsk en 2015, les combattants du Donbass en rébellion et l'armée gouvernementale de Kiev s'affrontent régulièrement.

Les deux dirigeants doivent poursuivre leurs discussions afin d'aborder notamment les relations bilatérales entre les deux pays, ainsi que la lutte contre le terrorisme à l'échelle mondiale. La rencontre permet aussi à Angela Merkel et Vladimir Poutine de préparer le sommet du G20, qui aura lieu en Allemagne en juillet 2017.

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