Crime de haine ou schizophrénie, la Cour canadienne va trancher

Eglise vandalisée© Michelle Medeiros, catholicregister.org
Eglise vandalisée

Suite à deux mois de vandalisme continu sur une église catholique à Mississauga, au Canada, la cour rappelle l’accusé. Celui-ci semblerait pourtant échapper à la peine de crime de haine malgré plusieurs attaques répétées.

Mardi 30 juin Iqbal Hessan se retrouvera une nouvelle fois face aux juges qui décideront si ses actions sont considérées comme haineuses.  

L’église catholique Sainte-Catherine de Sienne à Mississauga, dans l’Etat de l’Ontario au Canada, a été vandalisée plusieurs fois au cours du mois d’avril et de mai. Iqbal Hessan, 22 ans, est soupçonné d’avoir commis des actes de vandalisme sur l’église.  

Il serait entré par effraction dans le bâtiment, arrachant des pages de la bible se trouvant sur l’autel. Les vidéos de surveillance le montrent aussi en train de voler des enceintes. L’église fut aussi victime d’un tag insultant sur ses marches. L’école adjacente Sainte-Catherine de Sienne, une école primaire catholique, a subi le même sort.

Il a finalement été relâché suite au paiement de sa caution et d'une audience de deux jours. Il a été accusé d’être entré dans l’église par effraction, et cinq autres chefs d'accusation pour une amende totale de 5 000 dollars canadiens (3 600 euros).

Une autre fois, la statue du Sacré-Cœur de Jésus qui se tient en face de l’église a été couverte de peinture noire, et ses doigts ont été arrachés. Par ailleurs, un graffiti annonçant «There is no jew god» (il n’y a pas de dieu juif) s’étalait sur la façade accompagné d’un dessin surnommé «Jewsus» (juifsus).

Se pose également la question de son état psychiatrique. Le père de Hessan a déclaré que son fils était schizophrène : le jour de l’intrusion il voulait tuer ou faire du mal au prêtre. Le père a expliqué qu’il était déçu par la religion chrétienne et l’Eglise en général. De même, la porte-parole de la constitution, Fiona Thivierge, ayant révisé l’historique psychologique de l’accusé a déclaré que les accusations de crime de haine ne seraient pas retenues car «il n’y a aucune preuve de mauvaise intention».

Cependant l’accusation de crime de haine reste en suspens et ne semble pas être résolue. L’avocat de l’accusé a annoncé que les actes de son client ne remplissaient pas les critères pour de telles accusations.

Le père Lando estime pour sa part que les dommages s’élèvent à une somme de 10 000 dollars canadiens (7 250 euros).

L’esprit canadien a la rescousse

Cet acte qui pourrait diviser certaines communautés a au contraire rapproché celles de Mississauga.

En effet, vendredi 26 Juin, Hamid Slimi, Imam du centre Sayeda Khadija dans la ville de Mississauga, après avoir entendu l’histoire aux informations, a rendu visite à l’église catholique de Sainte-Catherine de Sienne. Il a été choqué par les actes commis qui lui ont été montrés sur une vidéo de surveillance par le père Lando. Jugeant qu’il s’agit d’une injustice, il a lancé une campagne de dons au sein de sa communauté lors du sermon du vendredi.

La récolte d’argent a été fructueuse : l’Imam a ainsi donné un chèque de 5 000 dollars canadiens (soit 3 620 euros) au père Lando pour réparer les dommages causés par les actes de vandalisme. Slimi a déclaré que n’importe quel musulman aurait fait la même chose.

Le temps est désormais au pardon. En effet, le père Lando annonce que ses fidèles et lui-même doivent maintenant prier pour celui qui a commis ces actes, pardonner et oublier. En plus de l’aide de Slimi, le père Lando a reçu plusieurs appels de soutien de la part de la communauté Musulmane. 

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