France, Tunisie, Koweït, portrait robot de terroristes

Arrestation de Yassin Salhi (capture d'écran le Parisien)
Arrestation de Yassin Salhi (capture d'écran le Parisien)

Yassin Salhi, Seifeddine Rezgui, Fahad Suleiman Abdulmohsen alGabbaa, trois hommes liés à trois attentats sanglants quasi simultanés. En France, en Tunisie, au Koweït, les parcours de ces terroristes esquissent une trajectoire peu ou prou similaire.

Le loup solitaire

Dans les trois attentats, les terroristes semblent tous avoir agi seul au moment des faits, même si cela n'exclut pas des complicités en amont. Ainsi Yassin Salhi était seul quand il a assassiné son patron et a tenté de faire exploser l'usine de Saint-Quentin-Fallavier. Même chose pour Seifeddine Rezgui, l'auteur présumé de l'attaque qui a fait 38 morts à Port El Kantaoui, à proximité de Sousse. Sur les images vidéos qui ont circulé après l'attentat, on le voit seul, arme à la main, marcher sur la plage à la recherche de victimes. Enfin, Fahad Suleiman Abdulmohsen al-Gabbaa, le saoudien auteur de l'attentat à Koweït City, était également seul quand il s'est fait exploser dans la mosquée chiite Al-Imam al-Sadeq et a tué 26 personnes.

Jeunes et intégrés

Si Yassine Salhi était âgé de 35 ans, ce qui frappe pour le terroriste tunisien et le terroriste saoudienj est leur jeunesse. Seifeddine Rezgui et Fahad Suleiman Abdulmohsen al-Gabbaa étaient tous les deux âgés de 23 ans au moment des faits.

Yassine Salhi avait fait l'objet d'une fiche S (NDLR: sûreté de l'État) en 2006 pour radicalisation, mais celle-ci n'avait pas été renouvelée en 2008. Beaucoup des témoins interrogés décrivent cependant «un homme discret qui mène une vie sans histoire». Marié et père de trois enfants, Yassin Salhi ne se distinguait pas non plus par sa tenue. 

Seifeddine Rezgui, quant à lui, était un jeune Tunisien comme beaucoup d'autres. Etudiant, il était en master professionnel à l'Institut supérieur des études technologiques (Iset) de Kairouan, dans le centre du pays. Il était également amateur de breakdance. Interrogés par des médias tunisiens, ses voisins à Kairouan disent n'avoir rien remarqué d'«anormal» chez lui. Durant ses deux premières années à Kairouan, l’étudiant mène une vie typique de sa génération, selon les éléments rapportés par la presse tunisienne. Il était passionné de football et supportait le Real de Madrid et le club africain de Tunis.

Seifeddine Rezgui (capture d'écran le Parisien)
Seifeddine Rezgui (capture d'écran le Parisien)

Enfin, si peu de choses sont connues à propos de Fahad Suleiman Abdulmohsen al-Gabbaa, il devait présenter un profil relativement anodin. En effet, il était arrivé le matin même d'Arabie saoudite par un avion et n'avait rencontré aucune difficulté à passer les contrôles douaniers.

Une volonté de frapper les esprits 

Les trois terroristes ont choisi des cibles à l'aspect symbolique très fort. Au-delà de l'acte lui-même, il a comme une volonté d'exacerber des antagonismes existants.

Ainsi Yassin Salhi avait visé un site Seveso, une usine présentant des risques d'accidents majeurs. De plus, la décapitation de son patron, après strangulation, a été faite pour frapper les esprits et rappelle les images mises en ligne par L'Etat islamique.

Seifeddine Rezgui a visé délibérement une ville très touristique, sur une plage essentiellement fréquentée par des Occidentaux. Le but était clairement de porter atteinte à l'industrie touristique dont à l'économie tunisienne particulièrement dépendante de ce secteur. 

Enfin Fahad Suleiman Abdulmohsen al-Gabbaaa visé un vendredi, en plein Ramadan, une mosquée chiite dans un pays majoritairement sunnite. C'est le premier attentat au Koweït contre une mosquée chiite, où cette branche de l'Islam représente un tiers des 1,3 million de citoyens.

Après ces trois attentats, les autorités respectives des pays touchés ont toutes fait appel à l'unité du pays. L'émir du Koweït, Cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah, a dénoncé «une tentative désespérée de s'en prendre à l'unité nationale du Koweït». François Hollande en a appelé à l'«unité» du pays et à «sa capacité à faire face» comme en janvier dernier. Enfin, en Tunisie, le président de la République, Béji Caïd Essebsi a estimé que «la guerre déclarée par les terroristes à la Tunisie ne vise pas désormais uniquement les sécuritaires et les militaires mais tout le peuple tunisien», appelant lui aussi à l'unité du pays.

Fahad Suleiman Abdulmohsen al-Gabbaa (Capture d'écran du Guardian)
Fahad Suleiman Abdulmohsen al-Gabbaa (Capture d'écran du Guardian)

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