Pour le patron de la CIA, WikiLeaks est un «service de renseignement hostile»

Pour le patron de la CIA, WikiLeaks est un «service de renseignement hostile» Source: Reuters
Le nouveau boss du renseignement extérieur américain n'est pas fan de Julian Assange et de son site WikiLeaks

Mike Pompeo a vivement mis en cause le site lanceur d'alerte, estimant qu'il représentait une menace pour les démocraties et faisait le jeu des dictatures. En contradiction totale avec les déclarations du candidat Trump lors de la campagne de 2016.

Désormais, WikiLeaks est aux yeux de la CIA un «service de renseignement hostile», selon le directeur de l'agence nommé par Donald Trump.

Que se passe-t-il au plus haut niveau de l'Etat américain ? Les observateurs, partisans comme détracteurs, de Donald Trump sont bien en peine de donner une explication.

Toujours est-il que lors de sa première intervention publique ce 13 avril 2017 depuis sa nomination fin janvier à la tête du service d'espionnage américain, Mike Pompeo s'en est pris avec virulence au site de Julian Assange. Selon le patron de la CIA, ils représentent l'une des principales menaces que les Etats-Unis doivent affronter.

«WikiLeaks se comporte comme un service de renseignement hostile et s'exprime comme un service de renseignement hostile. Il a incité ses partisans à intégrer la CIA de façon à obtenir des informations», a affirmé Mike Pompeo, devant le Center for Strategic and International Studies, un groupe de réflexion basé à Washington.

La Russie... et RT (encore)... dans le viseur collimateur

Après que Donald Trump a effectué un véritable virage diplomatique à 180° en moins d'une semaine, c'est au tour de Mike Pompeo de reprendre telle quelle la rhétorique d'Hillary Clinton et du Parti démocrate américain lors de la campagne présidentielle de 2016. 

Le site «se concentre de manière écrasante sur les Etats-Unis, tout en cherchant le soutien de pays et d'organisations anti-démocratiques», a affirmé Mike Pompeo.

«Il est temps de considérer WikiLeaks pour ce qu'il est vraiment, à savoir un service non-étatique de renseignement hostile souvent aidé par des acteurs étatiques comme la Russie», a-t-il lancé.

Mais ce n'est pas tout. Reprenant encore une fois les positions très antirusses de la candidate Hillary Clinton en 2016, Mike Pompeo n'a pas hésité à reprendre les allégations du camp démocrate d'un lien entre WikiLeaks et la chaîne d'information continue mondiale RT.

«L'organe de propagande RT a activement collaboré avec WikiLeaks», a ainsi lancé le directeur de la CIA, faisant référence des publications de mails à usage interne provenant du comité de campagne démocrate et de son directeur John Podesta, et relayées par RT.

Même si le site créé par l'Australien Julian Assange publie des documents secrets du monde entier, sa notoriété provient surtout de révélations liées aux Etats-Unis.

En 2010, il a notamment mis en ligne 251 000 correspondances d'ambassades américaines classifiées. Durant la campagne présidentielle de 2016, il a publié des documents du parti démocrate dont le contenu s’est avéré très gênant pour Hillary Clinton.

Julian Assange, «nazi» et allié des «dictateurs» ?

«Assange et ses pairs font aujourd'hui cause commune avec les dictateurs. Bien sûr, ils essaient en vain de se draper, eux et leurs actions, dans une démarche de protection de la liberté et de la vie privée. En réalité, ils ne défendent rien d'autre que leur célébrité. Leur monnaie, c'est la course au clic ; leur sens de la morale est inexistant», a estimé le patron de la CIA. Ne reculant devant aucun excès de rhétorique, Mike Pompeo a comparé Julian Assange aux nazis de l'Allemagne Hitlérienne. Selon lui, la popularité dont jouit le lanceur d'alerte réfugié à l'ambassade de l'Equateur depuis 2012 est «troublante». Julian Assange se serait retrouvé «dans le mauvais côté de l'Histoire» dans les années 1930, a-t-il ajouté, dans un bel exemple de «point Godwin». 

«I love WikiLeaks», Donald Trump en campagne en 2016

Mike Pompeo n'a, en revanche, fait aucun commentaire sur les louanges adressées avant son élection à la Maison Blanche par Donald Trump à Julian Assange. En meeting en octobre 2016, le candidat républicain «anti-système» se félicitait de la publications des mails du DNC, lesquels mettait en cause sa rivale, Hillary Clinton. «J'adore WikiLeaks», avait-il lancé à la tribune.

Pas plus qu'il n'a évoqué sa propre mention de WikiLeaks dans un tweet contre le parti démocrate, dans lequel il se félicitait de la fuite de plus de 19 000 emails.

Capture d'écran Twitter

A l'époque, il siégeait au Congrès des Etats-Unis, et était membre de la commission sur le Renseignement de la Chambre des représentants. Autre temps, autres mœurs ?

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