Moscou juge inadmissible le jugement de la CEDH l'accusant de négligence dans la tuerie de Beslan

Moscou juge inadmissible le jugement de la CEDH l'accusant de négligence dans la tuerie de Beslan © Sergei Karpukhin Source: Reuters
Un homme dans une salle de l'école où un millier des personnes a été pris en otage le 1er septembre 2014 à Beslan. Au total, 334 civils ont été tués, dont 186 enfants

Le Kremlin a annoncé son intention de faire appel à la décision de la CEDH, qui a estimé que Moscou n’avait pas pris les mesures nécessaires pour empêcher la prise d'otage terroriste de Beslan, en 2004, qui a causé la mort de 334 civils.

«Nous ne pouvons accepter une telle formulation. Pour un pays qui a subi à de nombreuses reprises des attaques terroristes, pour un pays qui a été attaqué, ces formulations sont absolument inadmissibles», a déclaré le 13 avril aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Il commentait alors l'arrêt la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) du même jour, jugeant la Russie coupable de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour éviter l’attentat dans l’école de Beslan en 2004.

«Toutes ces formulations, toutes ces conclusions purement hypothétiques sont inadmissibles. Il manque une expertise juridique», a poursuivi Dmitri Peskov.

«Les conclusions de la Cour montrent une incompréhension flagrante, de la part des juges européens, de la gravité de la situation lors la prise d'otages à Beslan, ainsi que des [...] risques au cours de l'opération de sauvetage», a-t-il conclu, en précisant que le ministère de la Justice russe ferait appel de ce jugement d’ici trois mois.

La Russie condamnée à verser 3 millions d'euros à des ex-otages et familles de victimes

Le 13 avril, la CEDH a jugé que les autorités russes disposaient, quelques jours avant la prise d'otage, de «suffisamment d'informations précises sur un projet d'attaque terroriste dans la région, lié à la rentrée scolaire», mais avaient pris des mesures de prévention «insuffisantes».

«Ni l'administration de l'école, ni le public assistant à la cérémonie de la rentrée scolaire n'ont été avertis de la menace», ont déploré les juges. «Les autorités n'ont pas su prendre des mesures adaptées visant à prévenir ou réduire le risque connu», ont-ils poursuivi.

Par conséquent, la CEDH a condamné Moscou à verser près de 3 millions d'euros aux requérants – 409 anciens otages ou membres de leurs familles.

Le 1er septembre 2004, des terroristes séparatistes tchétchènes ont investi une école de Beslan, en Ossétie du Nord, où ils ont pris en otage un millier d'enfants et d'adultes qui se réunissaient à l'occasion de la rentrée scolaire. Après trois jours de siège, le 3 septembre, une explosion, dont l'origine n'a pas été élucidée, s'est produite dans l'établissement. La détonation a provoqué un mouvement de panique parmi les enfants, poussant les preneurs d'otage à ouvrir le feu sur ces derniers. Les forces spéciales russes sont intervenues. Au total, 334 civils ont été tués, dont 186 enfants, et 783 autres ont été blessés.

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