Un porte-avions américain et sa flotte en route vers la péninsule coréenne

- Avec AFP

Un porte-avions américain et sa flotte en route vers la péninsule coréenne© Handout Source: Reuters
Le porte-avions USS Carl Vinson en route vers le pénincule coréenne, le 9 avril

Alors qu'ils viennent de bombarder une base aérienne syrienne en représailles à une attaque chimique présumée, les Etats-Unis ont déployé un porte-avions et sa flotte dans le Pacifique en raison de «la menace nord-coréenne».

«Le commandement américain dans le Pacifique a ordonné au groupe aéronaval déployé autour du porte-avions USS Carl Vinson d'être à disposition et présent dans l'ouest du Pacifique, et ce par mesure de précaution», a déclaré à l'AFP le 8 avril le porte-parole du commandement américain dans le Pacifique, le commandant Dave Benham.

Dave Benham n'a pas fait mystère des raisons du déploiement de cette flotte, précisant que la menace numéro un dans la région restait la Corée du Nord, en raison de son programme de missiles «irresponsable, déstabilisateur et imprudent», et de «la poursuite [de ses recherches] en vue de disposer d'armes nucléaires».

Le porte-avions USS Carl Vinson est accompagné de son escadron aérien, de deux destroyers lanceurs de missiles et d'un croiseur lanceur de missiles. Alors qu'il devait initialement faire escale en Australie, il a pris la route du Pacifique Ouest depuis Singapour.

Les Etats-Unis prêt à «régler» seuls le problème nord-coréen

Les 6 et 7 mars, Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping ont longuement discuté en Floride (Etats-Unis), à Mar-a-Lago, dans la résidence privée du président américain. Ce dernier lui aurait demandé de faire pression sur Kim Jong-un pour que celui-ci cesse son programme d'armement nucléaire. 

Le président américain a cependant d'ores et déjà menacé le régime de Pyongyang d'une action unilatérale, et cette menace paraît encore plus crédible depuis la frappe ordonnée le 6 mars sur une base aérienne de l'armée syrienne en représailles à une attaque chimique présumée que Washington impute au régime syrien.

«Si la Chine ne règle pas [le problème de] la Corée du Nord, nous le ferons», avait affirmé Donald Trump le 3 avril, précisant que Washington n'attendrait pas l'aide de Pékin. «La Chine décidera de nous aider ou pas avec la Corée du Nord. [...] S'ils n'aident pas, ce ne sera bon pour personne», avait-t-il ajouté.

Une déclaration reprise par le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson depuis Mar-a-Lago : «Nous [...] sommes prêts à agir seuls si la Chine n'est pas capable de se coordonner avec nous pour contrer les ambitions nucléaires de Pyongyang, qui violent le droit international.»

Pyongyang : «renforcer notre dissuasion nucléaire a été le bon choix»

Selon plusieurs analystes, les frappes américaines en Syrie constituaient en fait aussi un message clair à destination de la Corée du Nord. «C'était une façon de dire à Pyongyang qu'il y a en ville un nouveau shérif qui n'hésitera pas à dégainer», a estimé Kim Yong-Hyun, professeur à l'Université Dongguk en Corée du Sud. Le 8 avril, la Corée du Nord a d'ailleurs qualifié le bombardement américain en Syrie d'«acte d'agression intolérable».

«La réalité d'aujourd'hui montre que nous devons exercer puissance contre puissance, et cela prouve plus d'un million de fois que notre décision de renforcer notre dissuasion nucléaire a été le bon choix», a ajouté un porte-parole non identifié du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, cité par l'agence officielle KCNA.

La Corée du Nord a réalisé cinq tests nucléaires, dont deux en 2016, et les images satellites, décortiquées par les experts du site d'analyse 38 North, suggèrent que le régime de Pyongyang serait en train de préparer un sixième essai.

Selon les services de renseignement américains, la Corée du Nord pourrait être à même de disposer d'un missile à tête nucléaire capable de frapper le sol américain d'ici moins de deux ans.

Une véritable capacité de missiles stratégiques mer-sol (MSBS) ferait monter d'un cran la menace nucléaire, car Pyongyang pourrait ainsi porter sa dissuasion bien au-delà de la péninsule et disposerait d'une capacité de «seconde frappe» en cas d'attaque. S'ils soulignent les progrès nord-coréens, les experts estiment cependant que la Corée du Nord est encore loin de maîtriser la technologie MSBS.

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