Christiane Taubira n'exclut pas d'accueillir Assange et Snowden en France

La ministre de la Justice Christiane Taubira répondait hier à une interview de BFM TV© Charles Platiau Source: Reuters
La ministre de la Justice Christiane Taubira répondait hier à une interview de BFM TV

En réponse aux révélations d'écoutes des présidents français par la NSA, la ministre de la Justice s'est interrogée sur le possible accueil en France des lanceurs d'alertes Edward Snowden et Julian Assange.

«Cela serait un geste symbolique», a affirmé la Garde des Sceaux. La ministre s'exprimait sur le sujet des écoutes des trois derniers présidents de la république française (Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande) par la NSA (l'agence de surveillance américaine). Elle d'abord qualifié ces écoutes, dont l'existence a été révélée par wikileaks mercredi 24 juin, de «pratique absolument inqualifiable, c'est incontestable».

Interrogée sur une potentielle réponse à ces révélations, Christiane Taubira a évoqué l'idée de l'asile possible, tout en affirmant que cette décision doit être prise par «le président, le Premier Ministre, et le ministre des Affaires étrangères».

Les ennemis publics numéros 1

Les deux personnages concernés sont activement recherchés par les États-Unis pour leur implication dans la fuite de documents confidentiels de la NSA. Julian Assange, le créateur de wikileaks (site dont le but est de donner une audience aux fuites d'information) est terré à l'ambassade de l’Équateur à Londres. Un mandat d'arrêt émanant de la Suède demande son extradition pour répondre à des crimes à caractère sexuel, tandis que les USA sont à sa poursuite depuis les révélations du "Cablegate", qui ont rendu public 251 287 câbles diplomatiques du Département d’État américain.

Edward Snowden, ancien employé de la CIA (Central Intelligence Agency – agence des services secrets américains) et de la NSA (National Security Agency – agence de surveillance du gouvernement américain), se cache en Russie où il dispose d'un asile temporaire de trois ans, depuis le 1er Août 2014. L'informaticien est inculpé par le gouvernement américain sous les chefs d'accusation d'espionnage, de vol et d'utilisation illégale de bien gouvernementaux. En juin 2013, il avait rendu public des informations classées top-secrètes de la NSA. Captations des métadonnées des appels téléphoniques aux USA, systèmes de mise sur écoute et de programmes de surveillance sur internet de la part des gouvernements américains et britanniques... Les révélations, faites au nom des libertés individuelles et du droit à la vie privée, avaient créé de fortes polémiques outre-manche et outre-atlantique.

En prenant parti dans cette guerre mondiale de l'information, Christiane Taubira limite les risques en établissant clairement qu'il s'agit d'une opinion personnelle et que la décision finale revient aux chefs de l'exécutif. Si les dires de la ministre de la Justice donnaient lieu à des actions, notamment le droit d'asile pour Julian Assange et Edward Snowden, la France prendrait une position ferme dans un débat qui secoue le monde. Une position qui irait vraisemblablement à contre-courant des dernières législations en la matière, telles que la très controversée loi sur le renseignement qui a été définitivement adoptée par le parlement, mercredi 24 juin.

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