Un député malaisien estime que les fillettes de 12 ans peuvent se marier, notamment après un viol

Un député malaisien estime que les fillettes de 12 ans peuvent se marier, notamment après un viol
Une polémique a éclaté après qu'un député malaisien a tenu des propos sur le mariage des enfants

Lors des débats, au Parlement de Malaisie, autour d'un texte visant à lutter contre les agressions sexuelles sur mineurs, un député a estimé que si les fillettes violées épousaient leurs agresseurs, elles s'épargneraient «un avenir sombre».

Le 4 avril, en marge d'un débat parlementaire sur une loi pour combattre les agressions sexuelles sur enfants, le député malaisien Datuk Shabudin Yahaya a émis une «suggestion» pour le moins particulière, rapporte The Guardian : tout en admettant que le viol était un crime, il a considéré qu'un mariage entre l'agresseur et sa victime pouvait éviter à cette dernière «un avenir sombre».

«Au moins, elle aurait ainsi un mari, et cela pourrait servir de remède contre l'augmentation de ces problèmes», a estimé le député, ancien juge chargé d'appliquer la charia. Selon lui, les jeunes filles de 12 ans seraient en effet «spirituellement et physiquement» prêtes pour le mariage. 

Les propos du député ont suscité une vague d'indignation dans l'assistance. Sharmila Sekaran, présidente de l'association de défense des droits des enfants Voice of the Children, était présente au moment où le parlementaire a tenu ces propos qu'elle a qualifiés de «choquants». «Le message envoyé au pays est très préoccupant», a-t-elle ajouté, soulignant que cela revenait à dire : «Allez violer qui vous voulez, et si vous vous faites attraper, demandez-la en mariage.»

Dans la région du Penang, dont Datuk Shabudin Yahaya est élu, ses déclarations ne sont pas non plus passées inaperçues. Le ministre de cet Etat de l'ouest de la Malaisie a exprimé sa «honte», comparant cette polémique à une «tache noire».

Si les propos du député ont défrayé la chronique, les différentes associations de lutte pour les droits des enfants se sont félicitées de l'adoption, en fin de séance à l'Assemblée, du texte de loi qui y était débattu. Celui-ci devrait, selon Sharmila Sekaran, assurer «une meilleure protection légale aux enfants».

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